Chapitre 31: Assez.

 Chapitre 31: Assez.


 
Sans un bruit, Kyoya referme la porte de la salle de bain d'Utau. Elle n'est pas vraiment grande, c'est à peine si nous pouvons nous tenir à deux à l'intérieur, alors je m'assois sur le rebord de la baignoire que mon amie chérie tant pour laisser un peu d'espace entre nous. 
Je suis toujours en quête de trouver le calme et de faire taire les théories, les questions qui se bousculent les unes après les autres dans ma tête. Beaucoup trop d'événements se sont produit aujourd'hui, et ça en devient insupportable pour nous tous. Je m'en rend compte lorsque je croise les yeux bleus de Kyoya, qui d'ailleurs n'ont jamais eu autant de points d'interrogations. Je sais qu'il attend que je réagisse, que je lui confie peut-être mes peurs, parce que cette situation n'est une fois de plus pas du tout normale. En réalité, ça le devient presque, à force. Mais je me tais, incapable pour le moment de prononcer un quelconque mot qui serait compréhensible. 
Je remarque au bout de quelques instants qu'il fixe mes mains. Elles tremblent. De tout leur être. J'ai un horrible goût de culpabilité dans la gorge, et j'ai l'impression qu'il peut remonter à tout moment, voilà pourquoi nous sommes là. Madoka est dans la chambre d'Utau, à ses côtés, et Gingka l'a rejoint il y a quelques minutes, en hurlant que c'était lui qui entrait. D'habitude, j'aurais ris en pensant à l'immense sursaut que Madoka avait dû faire, mais le moment ne s'y prête pas. Ma culpabilité se mélange très mal avec ma peur qui s'était ne serait-ce qu'un peu éloignée dans la matinée, mais qui est revenue tel un ouragan quand nous avons trouvé notre amie. 
 
"A ton tour".


Tels étaient ses mots. Evidemment, le message qu'on avait voulu me transmettre était on ne peut plus clair. Si je ne m'en était pas préoccupée tout de suite, cette menace remplissait maintenant une grande partie de mon esprit et me paniquait. Elle est revenue mal en point, affamée et assoiffée, les cheveux détachés. J'aurais dû savoir qu'elle n'était pas avec Tsubasa. J'aurais dû le deviner dès que je lisais ce petit mot ridicule que lui-même avait laissé. J'aurai dû être à la place d'Utau. Il ne doit plus lui faire de mal, il ne doit pas blesser les personnes autour de moi. 


Kyoya: Hé. 


Kyoya se baisse à ma hauteur. Il fixe toujours mes mains. J'ignore s'il a envie de me les prendre pour stopper les tremblements, mais si c'est le cas, il n'en fait rien.


Moi: Elle ne lui a rien fait. Elle n'a rien à voir là dedans. 


Kyoya: Oui, mais toi non plus. 


Moi: C'est entre lui et moi que tout a commencé.


Kyoya: Peut-être mais t'as aucune idée de pourquoi. Ce taré s'est monté la tête contre toi tout seul alors que tu ne le connais probablement pas du tout, et personne ne sait pourquoi. Ce n'est pas de ta faute. 


Moi: Mais Utau! Tu as vu ce qu'il lui a fait? 


Kyoya: Elle n'a pratiquement rien.


Sortis de sa bouche sans aucune émotion, ces mots me paraissent beaucoup trop durs.


Moi: Non mais tu te moques de moi? Regarde dans quel état on l'a retrouvé! 


Kyoya: Justement! Elle aurait pu subir bien pire Yuki. Le taré n'a fait que l'attacher et l'affamer, et je peux presque te garantir que ce n'est rien comparé à ce que certains barges font à leurs victimes quand il les enlève. 


Moi: Tu ne vas tout de même pas me dire que c'est normal!


Kyoya: Arrête de tout déformer. Tu essaies de ramener toute la faute sur toi, alors que le coupable n'est autre qu'une seule personne et tu es bien placée pour en être informée.


Moi: Qui sait? J'ai peut-être commis des erreurs autrefois. On ne peut pas comprendre ses intentions tant qu'on n'est pas persuadé du contraire Kyoya, tous simplement. Je n'essaie pas de me rendre coupable, j'envisage toutes les possibilités.


Kyoya: Tu es beaucoup trop empathique. 


Moi: C'est faux. 


A ces mots, il souffle légèrement du nez et esquisse un sourire. Je crois que nous sommes désormais assez complice pour parvenir à comprendre que je l'agace, mais en revanche, il l'exprime d'une toute autre manière qu'auparavant. Ses yeux ne lancent plus d'éclairs, sa voix est plus tendre. Au fond de moi se rajoute la crainte que sa gentillesse ne provienne que d'une pitié qu'il éprouve à mon égard pour tout ce qui est en train d'arriver autour de nous. A mon étonnement, je ne suis pas embarrassée d'être seule avec lui, dans cette petite pièce à peine éclairée par une minuscule fenêtre. Je pense que tant que le monde ne cessera pas de bouger autant autour de nous, je serais incapable de réfléchir davantage au sens de ce qui se passe dans tout mon être quand il est à mes côtés.


Moi: J'ai peur. 


De nouveau, ses yeux se dirigent vers mes mains.


Kyoya: Sans déconner. 


Je souris aussi, histoire de détendre l'atmosphère. 


Tout à coup, la porte s'ouvre brusquement dans un grincement abominable puis se claque violemment contre le mur. 


Bien que dos à celle-ci, Kyoya soupire en devinant notre visiteur.


Kyoya: Tu devrais faire encore plus de bruit pour bien la réveiller, Gingka. 



Gingka: Qui?


Kyoya: J'ai envie de te répondre "Le père Noël". 


Gingka: Ah, Utau! Elle est justement réveillée, c'est pour ça que je suis venu vous voir! 


Rassurée, je me lève avec précipitation pour parler à mon amie. Lorsque je suis à l'entrée du couloir, Gingka me glisse un sourire taquin en me désignant Kyoya de l'½il. Il ne peut décidément pas s'en empêcher, alors que nous nous sommes quittés ce matin beaucoup trop tristement. 
Le premier son qui parvient à mes oreilles lorsque je m'approche de la chambre dans laquelle Utau a passé son après-midi à dormir, ce sont les cris de cette dernière et de Madoka. Gingka, qui est derrière moi et qui écoute également leurs hurlements, émet un geste de peur en reculant d'un pas, ce qui me fait doucement rire. 


Moi: Tu peux rester dans le salon si tu veux hein..


Gingka: Mais nooon.
 
 
Je pousse méticuleusement la porte de la chambre et découvre Utau, enroulée dans ses draps soyeux roses, en train de se rattacher les cheveux avec ses habituelles couettes longues. Madoka lui reproche son impolitesse et son ignorance lorsqu'elles me voient toutes les deux entrer. Si cette dernière est rassurée de me trouver là, ne la supportant probablement plus, sa réaction n'est rien en comparé à celle d'Utau: Sans un mot, elle se redresse si brusquement de son lit que j'ai à peine le temps de la voir se précipiter vers moi pour me regarder droit dans les yeux, plaçant ses deux mains sur mes épaules. La douleur est immédiate, chaque parcelle d'instant un peu plus forte, et si je me mord la lèvre pour ne pas hurler de douleur, mon amie n'a pas l'air de se rendre compte des effets que me produit ce contact. Néanmoins, je ne veux pas me dégager.


Moi: Utau.. J'ai mal! 


La seconde d'après, la surprise envahie le visage d'Utau. Gênée, elle retire ses mains et bredouille une excuse. Elle est étrangement silencieuse, contrairement à la plupart du temps, mais je suis heureuse de la voir en bonne santé et capable de marcher, même si son comportement est actuellement plus qu'étrange. Est-ce que ma meilleure amie avait oublié ce que je lui avait confié il n'y a pourtant pas si longtemps? J'en doute.


Utau: D'habitude, ça ne te fais pas aussi mal..


Sa voix toujours toute faible, je remarque les garçons qui s'échangent un regard, près de moi. Eux aussi doivent se questionner sur cette tranquillité inhabituelle. Je réalise que je n'ai pas recroisé Utau depuis que je suis sortie de la réalité de Ryuga et qu'elle ne sait rien de ma conversation avec lui, donc je n'ai pas pu lui signaler que ma douleur était encore plus grande maintenant, même si je n'ai pas vraiment d'explication vraisemblable pour expliquer ceci. Je lui confie que je lui raconterai pourquoi plus tard, et en guise de réponse, elle hoche la tête.


Une sorte de malaise se répand dans la pièce dû au silence d'Utau. Jamais aucun de nous ne l'a vu dans cet état, et chacun se regarde, gêné, sans savoir quoi faire pour lui redonner la parole, jusqu'à ce que Gingka, sûrement agacé de cette tension, intervienne. 


Gingka: Et si tu nous racontais ce qui s'est passé? 


Il avait craché ces mots comme s'il pouvait enfin les libérer après les avoir gardé en lui beaucoup trop longtemps. Mon amie fronça les sourcils à la place de ses répliques blessantes habituelles à l'égard de son "poil de carotte", mais finit tout de même par acquiescer avant de se lancer dans son récit. Elle était partie en balade le jour où je me suis évanouie et n'était rentrée que le soir. C'est à ce moment-là qu'elle s'est fait assommée et entraînée de force dans en endroit noir qu'elle ne connaissait pas. A l'évocation de cette terrible peur dont seul moi et Kyoya en avons la connaissance, celle de l'obscurité totale, le mystère se lève un peu sur son silence, en tout cas pour ma personne. Je suis persuadée que si on mettait n'importe qui face à face avec ses plus grandes peurs pendant plusieurs heures, sans compter la probable peur de ce que ce type aurait pu lui faire subir, personne n'en ressortirait totalement serein. Une grande peine pour Utau surgit en moi, ainsi que davantage de culpabilité. Elle n'a hélas pas beaucoup de détails à nous offrir à propos de lui, si ce n'est qu'elle non plus n'avait pas la connaissance de sa voix et que celle-ci selon elle était un adolescent. 
 
 
Kyoya: Quelqu'un de notre âge? Ça m'étonnerai. 
 
Utau le fusilla du regard et Kyoya le lui rendit, sans aucune pitié pour elle. Personne ne rajoute de commentaire et mon amie continua. 


Utau: J'ignore si c'est quelqu'un de notre âge, mais il est à mon avis complètement dérangé. Il s'est mis à me raconter que tu étais une meurtrière qui allait tous nous tuer, ça sortait de nul part.


Gingka: C'est ridicule!




Chapitre 31: Assez.





Choquée, je n'osai toujours pas parler. Une meurtrière? Rien que ça? Je repense à la discussion que Dashan et moi avons eu au téléphone, des mots étranges comme "sacrifice" "feu" étaient ressortis, mais rien n'évoquait le meurtre. Je ne pouvais en aucun cas me résoudre à croire en cette idée et me rangeait du côté de Gingka. 


Utau: Je suis de cet avis. Il ne m'a rien raconté d'autre, à part qu'il fabriquait tout ça pour nous "protéger" ou une sottise du genre. 


Madoka poursuivait la conversation en la questionnant, mais mon esprit était ailleurs. Meurtrière. Meurtrière. Ce simple mot me faisait frissonner. Je souhaitais à cet instant avoir le pouvoir de retrouver ces satanés souvenirs qui nous font subir beaucoup trop de dangers, et c'est en fouillant dans les récents événements parût que je me souvins d'un geste. Je dessinais, sur la terrasse, dans la maison de vacance de Madoka. Je mettais sur le papier mon cauchemar, sans être capable de m'arrêter, sans avoir une seule fois soupçonné que j'aimais dessiner, et que j'étais douée, même si je n'ai pas renouvelé cette activité depuis. Ma main ne m'obéissait plus, et c'est Utau qui m'avait fait sortir de ma transe, en m'arrachant innocemment le crayon des doigts, et d'une impulsion dont je ne me serais jamais pensé capable, j'avais faillit me jeter sur elle pour le récupérer. C'est, de tous ce que j'ai pu faire, la chose la plus violente, mais ça n'a sûrement aucun rapport. 
Kyoya m'observe. Etant donné ma réaction de ce midi lorsque Dashan m'a confié le début des résultats de sa petite enquête, il doit se préparer à ce que je m'effondre à tout moment. Mais non. Je n'en ai plus le droit. Si je me laisse sans cesse tomber à genoux pour des découvertes qui ne sont même pas confirmées à chaque fois, je passerais ma vie à terre, et il en est hors de question. Je le rassure en hochant la tête doucement pour lui signifier que tout va bien. 


Gingka: Sérieusement, c'est n'importe quoi. 


Mon ami était visiblement aussi perplexe que moi par cet adjectif, mais la colère se lisait également sur ses traits. Il est vraiment temps que tout cela stoppe. On est tous à bout de nerfs (sauf Kyoya qui reste toujours impassible face à la situation), et personne n'a à supporter cette torture psychologique d'avoir peur pour tout le monde constamment. Dans mon thorax, la haine commençait à se mélanger à la peur, et même petit à petit à la surpasser. J'analysai chacun d'entre nous, et en particulier Utau, dont le visage froid reflétait sa souffrance quand on a passé suffisamment de temps à ses côtés pour s'en apercevoir. Brusquement, une question me monta à la tête. Un individu précieux pour mon amie n'était pas présent.


Moi: Utau, est-ce que tu sais où est Tsubasa? 


Elle réfléchit en baissant les yeux, préoccupée. 


Gingka: C'est vrai que je ne l'ai pas revu depuis le retour des vacances.


Madoka et Kyoya confirmèrent eux aussi. Moi non plus, cela faisait un moment que je ne lui avait pas adressé ne serait-ce qu'une phrase. D'ailleurs, aux dernières nouvelles, il ne donnait plus signe de vie à Utau et cela l'attristait. J'ignore ce qu'il en est depuis. 
Soudain, mon amie releva ses yeux dans ma direction pour finalement m'avouer, les joues légèrement rosées:


Utau: On.. Je l'ai croisé avant-hier, juste avant que je rentre et que ce type me chope. 


Par la couleur que les joues de Utau ornaient, je me doutais qu'elle ne l'avait pas seulement "croisé" et me retenais de sourire. 


Madoka: Pourquoi tu t'interroges sur ça, Yuki?


Moi: Simplement parce que je m'inquiète. Je ne souhaite pas qu'il lui arrive quelque chose à lui aussi.


Kyoya: Et je suis le seul à trouver ça bizarre? 


Moi: Que je m'inquiète?


Kyoya: Mais non idiote, que Tsubasa soit quasiment introuvable cette semaine, excepté pour passer discuter avec Utau. 


Utau: (rouge tomate) Je l'ai juste croisé, j'ai jamais dit que..


Kyoya: Et comme par hasard tu te fais "choper" après que vous vous sépariez? 


Si nous étions tous perdu au sujet de ce dont insinuait Kyoya au début, quand nous saisissons, les mines éberluées se retrouvent ensuite sur chacun d'entre nous, moi y compris.


Gingka: Enfin Kyoya, tu plaisantes! C'est TSUBASA!


Kyoya: Et?


Moi: C'est stupide, c'est le garçon le plus gentil que je connaisse. 


Avec une brusque agressivité sortie de nulle part, Kyoya riposte:


Kyoya: Et alors? T'as une explication à ses absences qui tombent comme par hasard sur la semaine où ce type qui veut ta peau apparaît? Tsubasa a déjà eu des problèmes de noirceur dans sa vie, le monde entier est au courant! Encore une fois, on remercie Ryuga. 


Moi: Pourquoi tu le cites? C'est quoi ces histoires de noirceur? 


J'étais non seulement furieuse qu'il accuse Ryuga alors que celui-ci n'a rien à voir avec le sujet, d'où la haussement de ton de ma voix, mais également à cause des autres, qui n'intervenaient pas pour le défendre. Mais qu'est-ce qu'il raconte, bon sang? 


Kyoya: Ah bah c'est sûr que quand on est né il y a deux mois, c'est dur de suivre! Évite d'oser me balancer que je suis stupide quand tu n'a pas la moindre idée de ce qui a pu se passer.
 
 
Moi: Et bien vas-y explique moi, je t'en prie! Et excuse moi d'être complètement paumée car oui, en effet, je suis là depuis peu de temps, mais si tu ne t'expliques pas clairement, je suis incapable de saisir le sens de ce que tu baragouines !


Kyoya: Ce que je baragouine? Écoutes-moi bien espèce d'idiote, je..
 
 
Madoka: OOH! ON SE CALME! 


Complètement rouge de colère, Madoka nous hurle dessus. Je n'ai jamais été aussi énervée contre Kyoya. Je me suis peut-être braquée quand il a cité Ryuga, mais il n'avait aucune raison valable pour me sermonner. Et bien sûr, je ne suis toujours pas au courant de ce dont il évoquait à propos de cette noirceur. Je croise les jambes sur ma chaise en bois ainsi que mes bras en attendant une explication, tout en déviant chaque regard que je serais susceptible de croiser. 


Madoka: C'est moi qui vais raconter cette histoire à Yuki, Kyoya, parce que visiblement tu n'en est pas capable sans te mettre hors de toi. 


Si c'est complètement évident que Kyoya ne parvient pas à redescendre , il ne lance aucune réplique à Madoka, et je suis plutôt rassurée dans ma fierté par rapport à cette querelle quand elle me dispute à mon tour:


Madoka: Et toi tu n'es pas forcée de dire que les gens sont stupides quand ils expriment une idée, Yuki, ni de défendre Ryuga aveuglément, car il n'a pas toujours été une bonne personne. D'accord?


J'acquiesce avec difficulté, avec une grande envie de lui répondre "oui maman", mais son ton doux m'en empêche, je patiente donc. 


Madoka: Bien. Pour tout recommencer Yuki, Kyoya a totalement raison sur cette noirceur, et également sur son origine. Lors du tout premier grand championnat auquel tout le Japon a participé, Ryuga était sous l'emprise, bien que pas totalement au début, de la force obscure de sa toupie interdite. Et lors de ce tournois, Ryuga et Tsubasa se sont affrontés. Cela a causé de nombreux dégâts sur Tsubasa, dont L Drago avait absorbé toute sa puissance à la fin du combat, comme l'avoir mis dans le coma jusqu'à ce que Gingka gagne contre lui, et ce n'était pas le seul (elle jeta un coup d'½il à Kyoya). Cependant, Tsubasa a hérité d'un autre effet secondaire de sa défaite contre Ryuga: une force obscure. Lors cette fois du championnat du monde, l'année suivante, cette force maléfique s'est réveillée durant ses combats qui ont suivis, dans divers pays, le rendant complètement fou. 


J'hallucinais. J'étais incapable d'imaginer Tsubasa exprimant autre chose que sa gentillesse et sa vivacité d'esprit.


Madoka: Il dérivait complètement et devenait incontrôlable. Cela lui a causé des soucis de santé, et nous avons été plus que réjouis quand il a réussis à la vaincre, devenant encore plus fort. Depuis cette époque là, je n'ai jamais assisté à une seule rechute. Cela m'étonnerait donc, mais les coïncidences sont plus que frappantes en ce qui concerne votre type. 
 
 
Je guettais un semblant de réaction de la part d'Utau, mais rien. Visiblement, Kyoya avait raison, tout le monde était au courant de cette histoire, ce qui rendait encore plus bizarre le fait que jamais personne n'ai remarqué une quelconque "rechute", comme l'a formulé Madoka. 
Pendant que je réfléchissais sérieusement à la possibilité que cette force obscure soit réapparue chez Tsubasa, les actes terribles qu'avaient commis Ryuga s'accumulaient dans ma tête. J'ai beau me répété qu'il était sous l'emprise de sa toupie, ça ne change rien, et une légère tristesse s'empare de moi.


Moi: Je reviens, je vais me passer de l'eau sur le visage. 


Je me lève de ma chaise et passe à côté de tout le monde pour sortir de la pièce, y compris Kyoya, à qui j'en veux toujours d'avoir été méchant. Je ne lui accorde pas la moindre trace d'attention volontairement et ignore donc s'il s'est calmé. Je reconnais mes torts, mais c'est lui qui m'a agressé.
Dans le couloir, je soupire. J'ai l'impression d'être une enfant.


Arrivée dans la salle de bain après avoir pris quelques vêtements pour me changer, je me regarde dans le miroir. Mes cernes sont tellement présentes sur mes joues que je suis persuadée qu'une fois démaquillée, je ne ressemblerai à rien. Mais peu m'importe, jamais je ne m'observe, excepté lorsqu'on me demande de faire un effort niveau vestimentaire, comme aujourd'hui. Etre amie avec Utau, c'est comme si j'avais une styliste qui me suivait toute la journée pour me corriger mes fautes de goûts, mais avec le temps je m'y suis habitué, et maintenant je veux que ces remarques sur ma tenue avec son air d'institutrice remplace l'air froid et apeuré qui s'est installé. J'enlève mon chemisier pour me vêtir d'un pull sombre que j'ai depuis "toujours" et un leggins noir, puis me glace le visage avec l'eau du robinet. Toutes mes émotions sont en train de se rencontrer, et je n'aime pas le résultat que cela m'offre. Ce n'est pas moi, cette fille sur les nerfs. J'ai peur, parce qu'il y a un espèce de psychopathe qui veut peut-être ma peau et je ne connais même pas la raison, car aucun d'entre nous présent dans ce studio ne peut témoigner de ce que j'ai pu commettre dans mon passé et de quelle genre de fille j'étais. J'ai envie de pleurer, parce que j'ai horreur de me disputer avec le garçon auquel je tiens, mais également parce que mon amie s'est faite enlevée par quelqu'un qui en a après moi et que ça n'aurait jamais dû arriver, et la culpabilité me remplie l'estomac. Je suis en colère à cause de ce sale type qui est en train de me pourrir l'existence déjà complexe que je mène, je suis en colère à cause de ces foutus souvenirs qui ne veulent pas remonter à la surface, je suis en colère parce que comme par magie je me rend dans un monde parallèle alors que ce n'est même pas censé exister dans une vie normale, je suis en colère après ces yeux rouges qui ne me laissent pas tranquilles, je suis en colère après Kyoya de m'avoir traité d'idiote, je suis en colère parce que tout ça devient du grand n'importe quoi, et que j'en ai plus qu'assez.


Je ferme le robinet. 
Je ne fais plus un bruit. 
 


Le plus discrètement possible, j'entrouvre la porte de la salle de bain et par je ne sais quel miracle, aucun grincement n'en sort. Je me dirige vers la porte d'entrée, tout en marchant à pas de loup vers celle-ci, je suis attentive à ce qui continue de se raconter dans la chambre d'Utau. Il me semble que Gingka et Madoka entretiennent une conversation sérieuse sur Tsubasa, tandis que Kyoya et Utau se disputent sur le même sujet. Elle lui rend ses attaques, c'est déjà une chose, mais elle ne fait que nier, en boucle. Si c'est réellement Tsubasa qui se cache derrière tout ça, elle aura du mal à s'en remettre. 
De toute manière, on va vite le découvrir. 
Ils penseront que j'ai pris une douche, j'espère. Ça me laissera davantage de temps. 
J'enfile mes chaussures. Ils se rendront vite compte de mon absence, j'en suis parfaitement consciente, et c'est pour cela que je me dois de me dépêcher. 
Et je sais exactement où me rendre. 
 
Chapitre 31: Assez.

 

Tags : #Manga#beyblade - Love Youu. ♥ - Chapitre 31 ♥.

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Comments :

  • dren-zoey78

    01/11/2017

    merci beaucoup!! ^^

  • Fan-FictionBeyblade

    01/11/2017

    dren-zoey78 wrote: "trop bien!!!! *q* quand posteras-tu la suite? Et est-ce que je peux être prévenue?? merci d'avance ^^"

    Dans pas très longtemps normalement, sans doute dans la semaine qui va venir :) Pas de problème!

  • Fan-FictionBeyblade

    01/11/2017

    Cameby wrote: "*decouverte* >\\< ah oui??:'D xD
    je savais!!

    Merci beaucoup!** je suis impatiente de lire la suite ^^ jme suis tres attaché a Yukiet Utau¡:"D
    "

    Ho ça me fait trop plaisir ça! C'est mon but :)

  • dren-zoey78

    01/11/2017

    trop bien!!!! *q* quand posteras-tu la suite? Et est-ce que je peux être prévenue?? merci d'avance ^^

  • Cameby

    30/10/2017

    *decouverte* >\\< ah oui??:'D xD
    je savais!!

    Merci beaucoup!** je suis impatiente de lire la suite ^^ jme suis tres attaché a Yukiet Utau¡:"D

  • Fan-FictionBeyblade

    30/10/2017

    Airi-revolution wrote: "おはよ! (ohayo)
    Tsutsu-kun serait dans le coup? ...... je sais pas, pour moi y'a un truc qui sonne faux... et puis l'autre fille, je suis sûre qu'elle l'est aussi, mais à quel point, je ne sais pas. C'est sûr qu'elle va à l'hôpital, et aussi qu'elle va en parler à Ryuga, voir même s'endormir et aller dans ce monde parallèle pour savoir son avis. (S'il le lui donne, parce que, connaissant Ryuga...) ce qui se passe est assez flou pour moi... Kyoya-kunn'est pas devenu jaloux quand Yuki-chan a dit que Tsutsu-kun était le plus gentil garçon qu'elle connaîsse? Bref, ce chapitre est assez flou pour moi, je pense que je comprendrais plus dans le prochain chapitre.
    じゃ ねえ!~~ (Ja nee~~)
    "

    Oyaho ^^
    Je ne peux pas donner d'éléments révélateurs, mais tu marques quelques points. Haha je pensais que personne ne remarquerait cette petite jalousie qui n'est probablement pas très visible quand on n'y réfléchi pas.. mais oui, tu as totalement raison!

  • Fan-FictionBeyblade

    30/10/2017

    steanne wrote: "Alala... tes chapitres géniaux qui se terminent toujours (mais vraiment toujours !) avec un suspense pas possible, des situations impensables et des questions qui s'accumulent sans fin... ça m'avait manqué, je dois l'avouer x)

    Bon alors, j'ai bien aimé ce chapitre. Déjà, on a différent point de vue sur la situation qui se contredise. Par rapport à Gingka, Kyoya ou même Madoka, Yuki a l'air tellement naïve qu'on comprend qu'elle s'emporte face à tout cela. Toutes les réactions de tes personnages restent vraiment logiques et on peut les comprendre.

    Après l'histoire reste toujours aussi intéressante voire plus qu'avant car les personnages commencent eux-même à avoir des doutes, avoir peur, à se disputer, ... j'aime beaucoup ce genre d'ambiance. Même si c'est peut-être un peu méchant pour les personnages, ça me plaît de voir qu'ils ne sont pas mécaniques et peuvent agir comme nous, qu'ils ne sont pas si différents.

    Hum... honnêtement, je ne pense pas que Tsubasa soit le psychopathe. Après c'est vrai qu'il y a beaucoup de coïncidences. Qu'il est un lien avec lui, j'en suis persuadée, peut-être qu'il travaille avec lui, l'espionne ou même le connaisse mais je doute fort qu'ils soient la même personne. Mais dans ce cas-là, où est-il passé à la fin ?! Cette question va me hanter...
    Ensuite, je pense que Yuki va aller à l'hôpital ou à la librairie pour essayer d'en savoir plus sur ce livre dont Dashan lui avait parlé. Si c'est le cas, j'espère qu'elle y reverra la fille qui, soit-disant, lui ressemblerait.
    Enfin, je suis sûre que le psychopathe va encore agir pendant ce temps. Peut-être même qu'il rencontrera Yuki.
    "

    Haha ça me fait plaisir alors, ta description lui correspond assez bien :D

    Contente qu'il t'ai plu! Yuki a beau avoir la connaissance des bases de la vie, elle ignore tous des relations humaines et de ce qui a pu se passer autrefois..

    Je tente de les rendre plus "réels". Personne ne reste toujours calme face à de tels situations. Je comprend parfaitement ton point de vue, c'est normal d'aimer voir de quelle manière les personnages réagissent à ce qui se passe :)

    Je ne donnerai pas plus de détails à propos de lui, réponse dans les deux prochains chapitres normalement !

    La suite au prochain épisode :D

  • Fan-FictionBeyblade

    30/10/2017

    Nicori wrote: "Intéressant. Donc Gingka n'aime pas Utau? Est-ce que c'est à cause de son "paraître" superficiel? Parce que ça ne peut pas être à cause de son mauvais caractère (Kyoya étant maître dans le domaine et son ami du même coup)...

    Effectivement la description est difficile. Mais il faut vraiment que tu te mette à la place de celui qui te lis, qui n'est pas dans ta tête, et tu verras alors le ombre de phrase à ajouter pour noter tous les mouvement de regards, de gestes et de décor. Tu le fais relativement bien dans les moments "romantiques" mais il ne faut pas que tu le perde de vue le reste du temps. ;)

    Ravie de t'aider à cadre ton inspiration. ;)
    "

    J'ai prévu depuis un petit moment de faire davantage ressortir cet aspect là, tout sera expliqué, peut-être dans un espèce de chapitre bonus, je ne sais pas encore, mais c'est déjà écrit :)

    Oui, je trouve vraiment cette partie compliquée. Tu as totalement raison, j'ai encore des tonnes de choses à améliorer, je vais tâcher d'y travailler!

  • Fan-FictionBeyblade

    30/10/2017

    Cameby wrote: "Hehehe! He c est Ryuga qui a gagné co.tre Tsu~ il ne metrisait pas sa force vu qu il etait faible!!*imite le rire de Ryuga*
    Tsubasa...cest vrai qu on le croise pas souvent....'^'
    A lhopital...elle s y rend encore non?? Kyoya va finir par peter un cable....

    S ol te plais! Tu pourras me prevenir pour la suiiiiite?????!!!** :D
    "

    J'adore quand tu exprime ton amour pour Ryuga :D
    Et oui!

    Pas de soucis je t'enverrais un message dès que le prochain sortira :)

  • Airi-revolution

    30/10/2017

    おはよ! (ohayo)
    Tsutsu-kun serait dans le coup? ...... je sais pas, pour moi y'a un truc qui sonne faux... et puis l'autre fille, je suis sûre qu'elle l'est aussi, mais à quel point, je ne sais pas. C'est sûr qu'elle va à l'hôpital, et aussi qu'elle va en parler à Ryuga, voir même s'endormir et aller dans ce monde parallèle pour savoir son avis. (S'il le lui donne, parce que, connaissant Ryuga...) ce qui se passe est assez flou pour moi... Kyoya-kunn'est pas devenu jaloux quand Yuki-chan a dit que Tsutsu-kun était le plus gentil garçon qu'elle connaîsse? Bref, ce chapitre est assez flou pour moi, je pense que je comprendrais plus dans le prochain chapitre.
    じゃ ねえ!~~ (Ja nee~~)

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