Chapitre 28: L'amour est blanc.

 
Chapitre 28: L'amour est blanc


Point de vue de Kyoya:


Gingka: Hé, Kyoya.. Tu es sûr que je ne devrais pas la réveiller? 


Mon vieux rival se tenait avec inquiétude devant le lit de Yuki, priant certainement pour qu'elle se réveille.


Gingka: Tout de même, Utau répare des toupies, elle n'est pas médecin..


Moi: Personne n'a besoin d'être médecin pour connaître deux trois trucs pour se soigner. 


Son impatience m'agaçait. Il y a quelques heures, il m'avait appelé en panique pour que je l'aide à veiller sur elle, car elle s'était évanouie en sortant de je ne sais plus quel endroit. En gros, il me demandait de la regarder dormir. Je ne sais même pas pourquoi je suis ici à vrai dire, il y a quelques mois, j'aurais raccroché au nez de Gingka tellement j'aurais trouvé l'idée stupide.


Gingka: Maiiis.. Je pense qu'elle a assez dormit non? Tu es sûr qu'elle n'est pas dans le coma?


Moi: Arrête de dire des conneries, ce ne sont pas des situations qui arrivent à longueur de temps. Yuki n'est pas dans le même cas que Ryuga, d'accord?


J'avais presque l'impression de m'adresser à un enfant, mais j'ai pris l'habitude avec lui. Il réagit comme tel dès qu'il s'agit d'elle, je l'ai bien remarqué et même si je trouvais ça pathétique et incompréhensible quand j'ai commencé à le percer à jour, aujourd'hui ça n'a rien à voir. Je dirais que j'étais à des milles de m'imaginer comment cette fille était réellement. 


Gingka: Ouais. Désolé de t'avoir appelé à l'improviste, c'est juste que vous.. Enfin voilà quoi, vous êtes proches et je me suis dit que..


Moi: Qu'est-ce que tu racontes?


Gingka: Kyoya..


Moi: On est loin d'être proches, alors arrête. 


Il ne répond pas puis se redirige vers Yuki. Cette idiote s'est encore mise dans une situation qui embarrasse et inquiète tout le monde, et j'avoue qu'une infime partie de moi a très envie de la faire bouger de son lit, juste pour m'assurer qu'elle n'a rien de grave, et surtout pour rassurer Gingka.
Ce dernier tend sa main vers le visage de l'endormie pour le lui caresser, et j'ai comme une envie de disparaître qui fait surface. Cela arrive presque à chaque fois que je le vois la dévorer des yeux. La seule chose qui lui met plus d'étoile à l'intérieur, c'est la nourriture.




Chapitre 28: L'amour est blanc.





A son contact, comme je m'y attendais, elle émet un léger mouvement de tête, montrant que ce geste n'a rien d'agréable malgré sa tendresse. C'est une des choses que j'ai tout de suite aperçu chez elle, elle ne laisse personne la toucher. Comme si ça lui procurait une douleur physique, ou un truc comme ça. Mais j'ai aussi remarqué qu'avec moi, elle n'a aucune réaction de ce genre, parce que si là tout de suite une main qui caresse son visage la dérange, quand j'ai eu pitié d'elle en vacance lorsqu'elle s'est endormie sur la terrasse de la villa et que je l'ai porté jusque dans sa chambre, elle n'a absolument pas réagis. Je n'apprécie guère non plus les contacts avec les autres, mais ça a l'air un peu plus compliqué chez elle. 
Je ne peux m'empêcher de me demander si elle est en train de refaire un de ces fameux cauchemars dont je l'ai sortit une fois. Mais son sommeil devrait être un peu plus agité si c'était le cas je crois.
Il faut vraiment que j'arrête de me prendre la tête.
Quoi qu'il en soit, il faudra que je m'arrange pour ne pas être là à son réveil. Notre dernière discussion n'était pas vraiment des plus joyeuses, et je crains qu'elle n'apprécie pas vraiment de voir ma tête lorsqu'elle ouvrira ses yeux.


Gingka: Au fait, je voulais te faire part d'autre chose. Il s'est produit un truc étrange à la bibliothèque... Enfin, pas un "truc", mais plutôt quelqu'un d'étrange. 


Moi: Où tu veux en venir Gingka?


Gingka: Je sais pas trop, j'ai eu une sensation bizarre en la croisant..


Je soupire. Je ne comprend rien à ce qu'il me raconte.


Gingka: Tu vas peut-être me prendre pour un taré, mais c'était comme une version plus jeune et plus morbide de Yuki. Une petite fille brune avec un ½il rouge sang et l'autre bandé.
 
 
Moi: C'est vrai que c'est tout à fait la description de Yuki: Grande, deux yeux qui sont d'une couleur marron bizarre. 


Gingka: Ses yeux ne s'éloignent pas vraiment du rouge hein.. Et pour la taille, la différence d'âge expliquerait tout. 


Comme toujours, j'avais du mal à le suivre. 


Moi: Alors quoi? 


Gingka: Imagine que c'est une Yuki du passé!


Moi: OK Gingka, tu regardes vraiment trop de films.


Gingka: Mais non! Elle lui ressemblait, je te jure.. à tel point que lorsque je la fixais trop longtemps, ma rencontre avec Yuki se superposait avec la sienne. 


J'étais perplexe. Entre l'envie de lui balancer à quel point il est ridicule et celle de lui révéler que, en effet, cette histoire est bizarre. Après tout, le passé et les événements qui ont précédés les derniers (ou même les premiers) mois de Yuki sont tous plus insensés les uns que les autres, donc ça n'aurait rien d'étonnant que quelque chose comme la théorie de Gingka soit juste, en fait. Je pense que j'ai juste pas envie que la vie de cette fille se complique encore plus. 

C'est quand j'observe mon ami sourire que je me remémore le moment où j'ai compris qu'il était amoureux d'elle, et de la discussion que nous avons eu à ce sujet. C'était le jour de notre arrivée dans la villa que Madoka possédait et où nous avons tous profité de la mer et du soleil. Et je n'avais pas manqué la jolie lueur qui brillait dans les yeux de la grande brune lorsqu'elle avait vu la mer pour la première fois, même si j'étais loin d'elle. Si au début je trouvais cette ignorance complètement agaçante, surjouée et détestable, aujourd'hui c'est un trait de caractère auquel je me suis complètement habitué. J'ai encore du mal à croire à notre "amitié", parce que l'un comme l'autre à on avis, nous ne pouvions pas nous voir auparavant. Je ne me suis jamais intéressé aux filles, les seules que j'ai jamais côtoyé sont des amies de Gingka, ou tout simplement Madoka. Je trouvais que Yuki était une pauvre fillette fragile qui ne savait même pas se défendre grâce à sa toupie, je trouvais qu'elle n'était pas comme nous, je trouvais qu'elle n'était pas courageuse. Je pense avoir changé d'avis sur elle quand nous avons eu notre mésaventure dans la grotte, malgré que je sois bien embêté de me retrouver seul avec elle, alors que Gingka m'avait confié être jaloux de quiconque l'approchait. 
Quand il m'a avoué ça, j'avais d'abord voulu faire en sorte d'être de moins en moins dans son champ de vision, parce que même si je ne le dirai jamais à haute voix, je ne veux que le bien de mon ami. Malheureusement, les événements qui se sont succédés pendant ces deux semaines ont fait que nous nous sommes retrouvés dans chaque situation possible et inimaginable ensemble. Les événements ont fait que j'ai appris à la connaître sous un nouveau jour et que je ne m'y attendais absolument pas. J'avais beau essayer de prendre mes distances, je ne pouvais pas m'empêcher de l'apprécier de plus en plus. Je crois que je m'en suis rendu compte quand j'ai désiré répondre à son étreinte lorsque je l'ai trouvé errant dans la petite ville à côté de l'endroit où on logeait. Et bien sûr, ça m'a énervé. Donc je n'ai rien fait, et à notre retour ici je m'étais complètement mis en tête de l'éviter. Mais voilà que je me suis retrouvé à l'engueuler à cause de son inattention, et que je suis devant son lit, assis en train de regarder Gingka souffrir du probable chagrin d'amour qu'il est en train de vivre. Depuis hier, j'ai comme l'impression qu'il a totalement arrêté de cacher ses sentiments. Le malaise de Yuki était palpable tant elle devait sentir les yeux de Gingka sur elle quand elle regardait ailleurs, mais ce ne sont pas mes affaires. Pour moi, c'est complètement ridicule de s'accrocher comme ça à quelqu'un, surtout quand cette personne vous a déjà répété qu'elle ne voulait pas de vous, si j'ai bien compris toute l'histoire.
 



Gingka: Bon... J'en ai assez, je la réveille.


Moi: Gingka.


Gingka: Utau n'est pas sa mère. Eh puis je fais ce que je veux non?


Moi: Pourquoi tu me demandes la permission alors?


Je ris doucement. Je trouvais cela amusant qu'il soit autant effrayé par cette petite blonde. 


Gingka: C'est pas une décision à prendre à la légère!


Moi: Tu te contredit. 


Gingka: Héhé...


Il passa la main dans ses cheveux en riant. Ensuite, une fois de plus, il lui jeta un doux regard. 

 
Gingka: Elle est jolie hein?


Déconcerté par cette question, je rétorque: 


Moi: J'en sais rien et je m'en fou. 


Gingka: Arrête de faire semblant d'être aveugle. 


Son expression d'adolescent amoureux stupide repassait cette fois au sérieux.


Gingka: Tu sais, j'ai adoré voir sa vision du monde, l'admirer à travers ses yeux, comprendre son point de vue, voir la vie autrement. Mais j'aurais adoré également que ce soit réciproque. Oui vraiment, j'ai pris plaisir à l'aimer. 



Moi: Gingka la ferme.. Je veux pas passer la soirée à t'écouter déblatérer de cette manière..


Je ne saisissais pas le sens de cette conversation qu'apparemment il cherchait à avoir avec moi. Les trucs sentimentaux, qu'il les garde pour sa belle au bois dormant. 


Gingka: Pourtant il faut vraiment que tu sois attentif à ce que je vais te dire! (Il sourit) Kyoya, j'suis pas aussi niais, naïf et dans ma bulle que ce que je le laisse paraître ou que ce que pourrait le soupçonner les gens. Hier, je lui ai avoué que j'avais pas l'intention de renoncer à mes sentiments pour elle, et juste au moment où je commençais à reprendre espoir, où je me répétais que finalement avec le temps, peut-être qu'elle se rendrait compte que je serais capable de prendre soin d'elle, tu es arrivé. Et puis tout ce que je n'avais pas voulu admettre m'est retombé dessus au moment où je ne m'y attendais pas. Alors ouais, je vais pas te mentir Kyoya, ça a rien d'agréable de contempler celle que j'aime te dévorer des yeux et rire à chaque fois que tu ouvres la bouche (il eu un léger rictus), mais..


Moi: Mais qu'est-ce que vous avez tous à la fin? 


Gingka: Hein?


Moi: D'abord Utau qui me prend la tête, ensuite toi! Vous êtes tous devenu aussi ennuyeux que des bouquins à l'eau de rose ou quoi? 


Plus qu'autre chose, assister au petit discours de Gingka m'embarrassait. C'était quoi la suite? Qu'il me donnait sa bénédiction? N'importe quoi..
 
Gingka: Tu vois? Dès qu'on parle de ça, tu reste fermé! Je suis au courant que je t'ai légèrement fait comprendre que je ne voulais pas que tu t'approche d'elle et que c'était complètement égoïste vu que tu l'as toujours scruté comme elle le fait avec toi! Donc maintenant je te l'assure: Je retire tout. Je me retire. Je l'aimerai, mais je ne chercherai pas à l'avoir. Donc s'il te plaît, ne te retient plus juste pour moi Kyoya.


Moi: J'en ai assez entendu, je me casse. 


C'est avec précipitation que je me dirige vers la porte d'entrée, que j'attrape ma veste posée sur le porte manteau et que j'enfile mes chaussures laissées sur le palier. Je réalise que Gingka n'a pas bougé d'un pouce et qu'il ne compte pas me retenir, ce qui m'arrange. 


Je débarrasse le plancher rapidement, et lorsque la pluie me tombe dessus, je me hâte de faire tomber la capuche de ma veste sur le haut de ma tête. Le fait qu'il ait tenu ces propos me fait bouillir de colère. Personne n'a le droit de me "permettre" de faire quelque chose. Je ne supporte pas ce genre de discussion, et Gingka est est très bien au courant. Les rues sont désertes et j'ignore totalement l'heure qu'il est, même si vu la couleur du ciel ce doit être assez tard. Les seules lumières qui viennent éclairer le paysage, ce sont celles des fenêtres des différents immeubles, appartements, comme si le quartier était trop pauvre pour se payer des lampadaires qui fonctionnent.
Quelques secondes, je stoppe ma course pour extérioriser ma colère en me jetant sur tout ce qui est aux alentours, commençant par mettre à terre les poubelles qui me tombent sous la main, en finissant par cogner sans même ressentir de douleur ces fichus poutres inutiles. D'habitude, j'aurais lancé Leone, et vu le temps de merde qui me tombe sur la tête, une bonne tornade n'aurait fait plus de mal à personne. Mais j'ai besoin de faire quelque chose de mes propres mains pour une fois, et avec ironie, je prend conscience que cette fille a peut-être plus d'influence sur nous que ce que je l'imaginais, mais je ne peux même pas lui en vouloir, parce qu'elle est comme ça. Mais Gingka n'a aucunement le droit de me reprocher d'être comme je suis, juste parce qu'il est aveuglé par elle.
Tout ce que les autres adorent, se parler à c½ur ouvert sans aucune gêne, dévoiler ce qui vous dévore, ce n'est pas moi. Et j'ai beau me répéter ça chaque seconde davantage, si chaque pas que je pose l'envie de dégager de cet endroit se fait plus grande, chacun d'entre eux me procurent petit à petit une sorte d'apaisement. Comme si quelque chose de désagréable s'était envolé de ma poitrine au fur et à mesure que je m'en allais, même si je ne m'était jamais rendu compte de sa présence jusqu'à maintenant.  


 
Chapitre 28: L'amour est blanc.






Point de vue d'Utau: 


Moi: Passe devant, je suis en robe. 


Au lieu de devenir rouge comme une pivoine à une remarque de ce genre comme l'aurait fait Gingka ( ou même moi je dois l'avouer ), il me sourit chaleureusement et monta marche par marche sur ce toit en quelques secondes, tandis que les gouttes de pluie se faisaient de plus en plus fréquentes. Mes cheveux... Il a voulu m'emmener ici, c'est tant pis pour lui s'il est coincé avec une fille qui a l'air d'un petit chiot trempé. 


Résignée, je grimpai à mon tour sur le toit avec un peu plus de difficultés que Tsubasa, évidemment, même si je ne l'avouerai jamais à haute voix et surtout à lui. 
Arrivée en haut, je distinguais nettement malgré l'obscurité de la nuit naissante sa grande silhouette assise un peu plus loin du point de départ, et je fis l'équilibre quelques secondes afin de le rejoindre en ne manquant pas de me plaindre encore une fois de la pluie et de l'orage qui un peu plus haut menaçait de gronder.


Tsubasa: Ça va passer, c'est l'été..
 
Moi: Tu étais où hier? Il a plu tout le long de la journée!


Tsubasa: Tu veux vraiment parler météo?


Moi: Ça ne me tient pas vraiment à c½ur, mais admet juste que j'ai raison, et que tu as tort. 


Il ria aux éclats et au même instant la foudre frappa loin d'ici. Je n'étais pas persuadée que de se rendre sur un toit lorsqu'il y a de l'orage soit une très bonne idée, mais s'il n'avait pas peur, je ne vois pas pourquoi je devrais être effrayée après tout, même si c'est juste par fierté. 
Un instant, j'ai le besoin de lui parler de ma mère. Je n'avais pas encore pris ma décision sur ce point là, et même si j'étais au courant de la chance que je possédais de pouvoir retrouver un semblant de famille, cela me terrifiait encore beaucoup trop. Mais j'ai l'impression de m'ouvrir beaucoup trop à lui d'un seul coup, et j'ai horreur de ça, alors je me ravise.
 

Le ciel devint blanc une fraction de seconde encore à cause de l'orage, et sans comprendre pourquoi mon esprit me jouait ce mauvais tour, l'image de Dashan qui riait aux éclats à la place de Tsubasa m'apparu, comme dans un mauvais rêve. 
Je détournai la tête et serrai mes genoux contre mon visage. Sors de ma tête, merde! 
Tsubasa fut une fois de plus attentif et mis une main sur mon bras avant de me questionner avec un brin d'inquiétude dans la voix: 


Tsubasa: Hé! Tu as le vertige Utau?


Je relevai la tête sans que nos yeux se croisent, pour ne pas que l'image de Dashan encore une fois, vienne me pourrir ma soirée. Mais comme une idiote, je dégageai sa main. 


Moi: Arrête c'est bon. 


Je ne voulais même plus le regarder. La pluie battait à torrent désormais. 
Je l'écoutais brailler quelque chose à voix basse, mais je ne voulais plus entendre ce son, alors tout en fixant mes genoux je me bouchais les oreilles comme une gamine, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.


"Toujours ensemble."


Son visage emplis de sérénité me revenait. La tristesse qui m'avait envahie, puis le vide qui s'était installé ensuite, tout me revenait. Tellement. Il y en a tellement. Tellement de promesses. Des promesses que les gens que j'aimais m'ont faites. Aucune n'a été tenue. Pas une seule. J'ai toujours été seule, en vérité. Parce que tous les gens que j'aimais m'ont laissé tomber. Même ma mère a reconstruit sa vie loin de moi. Même mon père que j'aimais tant n'a pas réussis à rester en vie pour prendre soin de moi. Même mon premier amour m'a lâché sans crier gare. Qui sait si Yuki, Tsubasa et les autres ne vont pas faire de même?


Désormais, des mains me tenaient fermement les poignets, probablement pour éviter que je ne bouge trop ou que tout simplement je ne tombe du toit de cette petite maison. La voix de Tsubasa ne m'apparaissait pas clairement, comme s'il se trouvait derrière un rideau. Pourtant, je le voyais nettement à travers la pluie dégoulinante qui se dressait entre nous.  


Tsubasa: Utau.


Je ne répondais pas.


Tsubasa: Utau.


Je ne le regardais pas.


Tsubasa: Utau, je ne suis pas Dashan. 


Et puis comme par magie, le rideau tomba.


Moi: Vraiment?


Tsubasa: Vraiment. 


Moi: Lui aussi, il me répétait qu'il n'était pas comme les autres.


Il soupira et dégagea une mèche mouillée de mon visage. Je ne devais vraiment plus ressembler à grand chose. 
Un nouvel éclair frappa.


Tsubasa: Je croyais que ce chapitre de ta vie était clos, Utau.


Ironiquement, je riais.


Moi: Parce que tu crois que c'est aussi simple que ça? C'est pas un chapitre crétin, c'est au moins un tiers de l'histoire. 


Tsubasa: Alors quoi? Tout ce que tu lui a servis la dernière fois que tu l'as affronté, c'était du vent? Dois-je te rappeler avec quelle manière il s'est décarcassé pour se retrouver seul avec toi? 


Ça me faisait bizarre de le voir s'énerver sur quelqu'un d'autre que moi, même si ce n'était pas la première fois qu'il en voulait à Dashan. J'élevais le volume de ma voix pour couvrir celui de l'orage:


Moi: Ce n'était pas du tout du vent. C'était bel et bien la vérité, c'était ce que je pensais, c'était ce que je voulais!


Tsubasa: (exaspéré) On dirait que tu essaies de te convaincre toi-même! 


Pendant quelques secondes, j'ai l'impression qu'il va se lever et me laisser sur ce toit toute seule, mais il reprend une expression normale.


Tsubasa: Ecoute Utau. Toi et moi, je pense que tu es au courant, on est complètement opposés, sur des tas de choses. C'est toujours trop compliqué. On ne se comprend pas sur des vingtaines de sujets mais pour être honnête avec toi, je me rend compte que tout ça m'importe peu au final. Chaque journée que j'ai passé sans toi depuis notre retour, c'était pour prendre du recul par rapport à ce que tu me fais ressentir depuis quelques temps déjà, et pour te l'avouer je ne sais même plus exactement comment tout ça a débuté, mais chacune de ces journées sans s'échanger un seul mot, ça me paraissait encore plus impossible chaque jour, parce que ça me plongeait dans des états de nerfs pas croyable. Vas-y rigole, je sais que t'as du mal à te l'imaginer. Puis Utau on va pas se mentir, tu trouves pas ça plus qu'ambiguë ce qu'on vis? Moi je pense que t'as peur d'affronter tes vrais sentiments, alors c'est pour ça que tu les caches derrière tes insultes ou tes moqueries. 


Je ne parvenais pas à mettre de l'ordre dans ce qu'il venait de me jeter à la figure sans prévenir. Il venait d'une traite de résumer tout ce qui nous définissait, y compris le fait que je lui plaisais. Malgré le froid de la pluie, la chaleur de mon visage me réchauffa entièrement le corps, tant j'étais tout à coup incapable de trouver une quelconque répartie et tant j'étais heureuse. 


Tsubasa: (Il sourit) Tu vois, c'est un truc qui me fascinera toujours chez toi. T'es complètement impénétrable, sauf par la couleur de tes joues. T'es bien plus sensible que ce que tu montres. 


Je ramenais mes couettes sur le devant de mes épaules. Le pire dans tout ça, c'est qu'il m'avait complètement cerné au final, et que je ne m'en était même pas rendue compte. J'ai jamais eu le contrôle de la situation ces dernières semaines, parce qu'il a dû tellement m'analyser qu'il a tout simplement comprit comment je fonctionnais. Mais je désirais en être certaine malgré tout.


Moi: Tsubasa?


Tsubasa: Utau.


Moi: La fille qui t'as envoyé ce message, qu'est-ce que tu as compris, en la côtoyant?


Il prit une grande inspiration, la pluie était de plus en plus violente mais on continuait de faire comme si de rien n'était. 


Tsubasa: Qu'elle était seule. 


L'émotion aussi, elle vint toute seule. 


Tsubasa me fit le regard le plus tendre qu'il ne m'ait jamais lancé et me prit délicatement dans ses bras, pour poser ma tête contre son torse complètement trempé. De petites larmes coulaient en abondance silencieusement sur son t-shirt, et après quelques minutes dans cette position, il me dégagea doucement pour venir poser ses mains sur mes joues, ainsi qu'essuyer une des dernières perles qui glissait sur l'une d'elle de sa main droite. 


Moi: Alors, il signifie quoi cet endroit pour toi?


Tsubasa: (Sourit) Tu ne vas pas me croire, figure toi que j'y allais tout le temps avec mon premier amour...


Moi: (Je ris) Abruti.


Toujours plus proche de mon visage, il chuchota:


Tsubasa: Sûrement.
 
 
Et ses lèvres se posèrent sur les miennes.


Chapitre 28: L'amour est blanc.



Point de vue de Yuki: 


J'ai tellement désiré le voir. 
J'ai tellement souhaité le rencontrer.
J'ai tellement voulu qu'il se réveille. 


Il est là, dressé devant moi. Ses yeux jaunes impénétrables que je ne pouvais pas quitter des miens me fixaient avec une certaine surprise. Sans doute ne comprenait-il pas pourquoi je me tenait là moi aussi. 
Pas un mot ne sortait de mes lèvres. Quant à lui, peu à peu, il se rapprochait de moi, pas à pas, et j'entendais mon c½ur résonner dans mes oreilles, d'excitation et de joie, mais surtout de peur. Comment pourrais-je lui expliquer ma présence ici? Mais je me répétais que s'il y avait vraiment quelqu'un qui avait la capacité de me révéler comment partir, c'était bel et bien lui, même si pour le moment je ne suis plus tellement pressée. 


Il ouvrait la bouche. Ce n'était rien du tout, mais j'avais l'impression que mon c½ur allait exploser d'impatience d'enfin connaître le son de sa voix. Est-il vraiment réel?
 
Ryuga: Qui..


Au lieu d'exploser, il sauta un battement. 
Maintenant, il ne se tenait qu'à quelques mètres de moi,accroupis pour être à ma hauteur et j'étais toujours assise au bas de ce coin d'herbe en pente, incapable de bouger.


Ryuga: Qui tu es toi?


Sa voix était agressive, légèrement grinçante et grave. J'étais quelques peu déboussolée, mais je ne m'attendais aucunement à un accueil chaleureux de sa part après tout. C'est Ryuga. On m'avait prévenue. 


Moi: Je.. 


Au son de ma voix, ses yeux s'ouvrirent en grand et il se redressa pour reculer de quelques pas.


Moi: Je m'appelle..


Ryuga: Yuki Cherry. 


Il semblait tout aussi choqué que moi par ses propres mots. Mais.. 
Est-ce que c'est vraiment possible?


Moi: Tu..


Qu'est-ce que je pouvais bien lui raconter? 
Ses yeux me donnaient maintenant vaguement l'impression que si je prononçais ne serait-ce encore qu'un mot, j'allais définitivement le regretter. 
Je me levais doucement, et me maudissais de m'être vêtue de cette robe, encore une fois, un short aurait été bien plus pratique. 


Ryuga: Qu'est-ce que tu fiches ici Yuki? 


Rien que le fait qu'il m'appelle par mon prénom, la sensation qu'il me connaissait déjà, cela me procurait des frissons dans l'ensemble de mon corps. 


Moi: Je..


Ryuga: Allez parle bon sang! (agressif) Tu est bien plus bavarde d'habitude il me semble. 


C'était donc réel. Ou alors je rêve. Je suis dans un joli rêve où celui dont j'ai tant idéalisé l'image reconnaît ma voix. 


Moi: Je ne sais pas. 


C'est tout ce que je peux lui dire.


Il fronça davantage les sourcils. Ses petites rides que j'affectionnais tant prenaient formes. 


Moi: Mais..


Je pris une grande inspiration.


Moi: Tu m'as entendu? Tout ce temps? 


Il ferma les yeux, probablement agacé.


Ryuga: Oui. Mais seulement le son de ta voix, j'ai jamais rien saisis de ce que tu me racontais. Tu es qui d'ailleurs, à part ce stupide nom? 


Mes espoirs s'anéantissaient. Finalement, j'étais bel et bien de retour à la case départ avec lui, j'allais une fois de plus expliquer d'où je venais, ce que je cherchais.


Moi: Je ne sais pas grand chose non plus là dessus d'ailleurs. En fait, c'est compliqu..


Il m'arrêta d'un signe de main.


Ryuga: Je vais être très clair avec toi petite.


Quelle ironie, pensais-je. Il se rapprochait de nouveau peu à peu, mais je ne reculais pas.


Ryuga: Je n'en ai absolument rien à faire de ton histoire. Tout ce dont je veux comprendre, c'est pourquoi d'un seul coup tu débarques alors que ça fait un temps éternel que je me trouve ici, et pourquoi tu t'es d'un seul coup mise à me prendre pour ton psy. 


Moi: Si tu n'as jamais entendu ce que je disais, comment connais-tu mon nom?


Il n'était qu'à quelques centimètres de moi désormais, mais malgré mes tremblements je refusais de perdre la face. 


Ryuga: Comment peux-tu expliquer ma présence dans cet endroit, sans mon L Drago, depuis un temps indéterminé?


Moi: Tu es dans le coma, tu es courant n'est-ce pas?..


Je risquais à chaque seconde de perdre la face contre lui. 


Ryuga: Et toi? Tu es au courant de ce qui t'arrive?


Là, je ne saisissais plus rien.


Moi: Hein? 


Quand je vis qu'il observait mes mains, je fis de même et tel ne fut pas ma surprise de constater que je "m'effaçais". Cet endroit devenait complètement fou et tordu, je perdais totalement le contrôle. Mais je le sentais. Je m'éloignais. 


Ryuga: Fais attention Yuki. La vérité n'est pas toujours bonne à entendre.


C'est sur ces dernières paroles que le paysage se brouilla, et que ma vision devint complètement floue. La seule chose que je vis avant de sombrer dans le noir, c'est lui. Il s'en va. 


Ses yeux étaient si tristes, il y quelques secondes. 


Qu'est-ce que c'était que ça?


Et c'est ainsi que je me retrouvais sans le vouloir à ouvrir de nouveaux les yeux. Sauf que cette fois, je sentais le vent chatouiller ma peau, cette fois, le silence avait disparu, et un grand roux se tenait, assit devant moi, la main en l'air comme s'il venait de me bousculer.


Gingka: Tu as le sommeil fragile Yuki, je t'ai à peine effleuré le bras! (Sourit)


Moi: Quoi?..


Gingka: Tu m'en veux de t'avoir réveillé? Je suis désolé.. Je m'inquiétais tu sais.. Je savais plus quoi faire quand tu t'es évanouie à la biblioth..


Je n'écoutais déjà plus ses paroles incessantes. La voix de Ryuga tournait en boucle dans mon esprit, et cette conversation complètement hors de sens que lui et moi avons eu me perturbait plus que le retour à la réalité, même si j'étais heureuse d'être rentrée. J'aurais voulu comprendre le sens de nos dernières paroles. 


Fais attention Yuki. La vérité n'est pas toujours bonne à entendre.


Je serrais les draps. Un rêve? 
Impossible. C'était réel, beaucoup trop réel pour un songe. 


Son image me revint en tête et mon c½ur se serra. Qu'est-ce qu'il avait voulu me dire?


Le reverrais-je un jour?
 

Tags : #Manga#beyblade - Love Youu. ♥ - #Chapitre 28 ♥ ~

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Comments :

  • jesuismoiiiiii

    15/09/2017 at 7:23 PM

    C vraiment bien fait
    Tu tameliore de plus en.plus
    Hate de connaitre la suite, t douée pour le suspense toi 😁😁

  • Fan-FictionBeyblade

    15/08/2017

    LucieDirection wrote: "Kyaaaaa Utau et Tsubasa!! Trop chou!!
    Hééé tu vas pas nous faire un RyugaxYuki quand même? On veut du Kyoki ou du Yukyo ( Choisis le nom ^^ ) ! Mais sinon super chapitre ^^
    "

    Haha ^^
    Mystère :)

  • LucieDirection

    15/08/2017

    Kyaaaaa Utau et Tsubasa!! Trop chou!!
    Hééé tu vas pas nous faire un RyugaxYuki quand même? On veut du Kyoki ou du Yukyo ( Choisis le nom ^^ ) ! Mais sinon super chapitre ^^

  • Fan-FictionBeyblade

    15/08/2017

    kilarilucie wrote: "Un super chapitre ! J'ai beaucoup aimé le point de vue de Kyoya qui était jusque là complètement mystérieux, ça fait bien avancer l'histoire, car ça nous éclaire sur pas mal de choses.. Trop mignon Utau et Tsubasa, je suis trop contente !!! Et c'était vraiment bizarre cette conversation avec Ryuga.. Que nous réserves-tu? "

    Merci beaucoup :) Ah vraiment? Je t'avoue que j'ai un peu galéré pour l'écrire haha.. Oui enfin!
    Mystère !

  • musa-et-master-creations

    15/08/2017

    De rien :)

  • kilarilucie

    15/08/2017

    Un super chapitre ! J'ai beaucoup aimé le point de vue de Kyoya qui était jusque là complètement mystérieux, ça fait bien avancer l'histoire, car ça nous éclaire sur pas mal de choses.. Trop mignon Utau et Tsubasa, je suis trop contente !!! Et c'était vraiment bizarre cette conversation avec Ryuga.. Que nous réserves-tu?

  • Fan-FictionBeyblade

    15/08/2017

    musa-et-master-creations wrote: "Super :)"

    Merci :)

  • musa-et-master-creations

    09/08/2017

    Super :)

  • Nicori

    07/08/2017

    Merci :)
    Je comprends. :)
    Oh mais oui!! Je VEUX que tu continues. Tu n'as plus le choix!! Il faut absolument que tu ailles jusqu'à la fin de l'histoire. Je voulais seulement te dire que tu ne devrais pas te cantonner à la fanfic. Tu es capable d'écrire une bonne histoire qui t'aie personnelle alors ne t'en prive pas (et ne nous en prive pas!). :)

  • Fan-FictionBeyblade

    07/08/2017

    Nicori wrote: "Je comprends. Le point de vu de Kyoya est clairement le plus difficile à gérer... Mais aussi le plus intéressant! J'adore l'utiliser personnellement. Je trouve bien qu'il apparaisse dans ta fiction mais je t'avoue que je pensais que tu utiliserais le point de vu de Gingka pour cette fameuse scène justement parce que tu commentes énormément le comportement de Kyoya de façon presque analytique. Et puis on sent que le point de vu principal reste celui de Yuki. C'est le mieux maîtrisé. Celui d'Utau est plutôt bon aussi. On sent que ce se sont TES personnages et que tu y a mis beaucoup de toi. :) Au final, je pense que tu te compliques la vie en écrivant une fanfiction (pour mon plus grand plaisir je te rassure) mais il semble que tu sois meilleure dans l'invention totale que dans la reprise. Si tu veux être écrivain, c'est plutôt une bonne nouvelle! ;)

    De rien! :)
    "

    Je suis tout à fait de ton avis, et personnellement je trouve que tu arrives très bien à l'utiliser ^^ J'avais vraiment envie de faire un point de vue de Kyoya pour éclairer un peu certaines lanternes à certains sujets, et ce n'aurait pas été possible avec Gingka, puis j'avais tellement de chose à dire à son sujet que je crois que je me suis un peu perdue haha..Je te remercie! En effet,en particulier Yuki car elle est tout droit sortie de ma tête, et même si j'ai vu l'animé dans lequel apparaît Utau, j'ai complètement changé sa personnalité qui n'aurait pas eu sa place dans ma fiction je pense ( à l'origine elle ne parle pas beaucoup, mange tout le temps, et quand elle est amoureuse, toute la terre le remarque, si tu vois ce que je veux dire). Oui mais j'aime tellement ces personnages et c'est tellement un plaisir d'écrire cette fiction que je préfère pour le moment continuer simplement sur ça haha^^

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