Chapitre 25: Menaces.


Chapitre 25: Menaces.


Qu'est-ce qui se passe? 
Je ne sens plus mon corps. Les bruits aux alentours ont disparus comme par magie, sans que je parvienne à comprendre pourquoi. Et pourtant, le bruit des pneus sur la route mouillée de la voiture qui fonçaient sur moi me résonnaient en tête, comme une horrible musique qu'on vous oblige à écouter. Le son était aussi égrable que de longs ongles se frottant contre une assiette ou une craie un peu trop appuyée que un tableau. 
Doucement, je parvins à ouvrir la bouche. Heureuse d'avoir le contrôle sur mon corps, je fis rentrer l'air dans mes poumons. J'avais tellement froid. La bouffée d'oxygène me réchauffai, et je commençais petit à petit à sentir de nouveau tous mes autres muscles. J'étais accroupie, me semble-t-il. Mais je n'entendais toujours rien. 
Je me rendais vite compte que si je ne voyais rien, c'était parce que mes paupières étaient fermées et serrées, serrées aussi fortement qu'elles le pouvaient, au point de me faire mal. J'avais toujours aussi froid.
Puis au bout d'un temps dont je ne saurais donner la durée, une odeur chatouilla mes narines. Une odeur de menthe mélangée à celle de la pluie d'été. 
Une source de chaleur dont je n'avais pas perçu la présence avant cet instant se retira des côtés opposés de ma tête.
Le bruit revint soudainement. Le son des voitures glissant sur la route, de la pluie battante, et de l'orage qui faisait rage. Avant que je puisse comprendre pourquoi il était de nouveau présent, une voix me ramena à la réalité:


Kyoya: Tu peux ouvrir les yeux, idiote.


C'était celle de Kyoya, avec son éternelle agressivité. Mais cette fois, il semblait vraiment énervé.
Sa voix fut le déclencheur pour que je parvienne à soulever mes paupières, avec quelques difficultés évidemment. Au fur et à mesure que je rouvrais les yeux, je découvrais ma vision totalement flou, et je parvenais tout juste à voir la grande silhouette de Kyoya devant moi, ainsi que le trottoir sur lequel j'étais accroupie à présent.


- : Yuki!


Celle-ci arrivait de loin, comme un courant d'air. Je reconnus la voix inquiète de Gingka, que je vis se baisser à ma hauteur pour me regarder dans les yeux, sans doute pour vérifier si j'allais bien. 


Gingka: Tout va bien maintenant, tu es en sécurité. 


Je craignais son contact. S'il me touchait, j'étais persuadée d'avoir un énorme malaise, même si c'était furtif.
Ma vue commençait tout juste légèrement à se préciser, mais je ne parvenais toujours pas à comprendre ce qui s'est passé. Combien de temps s'est écoulé depuis que la voiture a faillit me foncer dessus? 
Je frissonnais. 
"Tu es sûre de vouloir me rencontrer?"
Evidemment, sa rencontre était un peu plus violente que je ne l'avais imaginé. Je tremblais rien que de me rappeler le son de sa voix, je n'étais même pas sûre que ce soit bien le conducteur de la voiture, mais la coïncidence était bien trop grande. 


Gingka: Tu peux te lever?


A présent, je pouvais distinguer à peu près clairement ses yeux. Ils étaient remplis d'inquiétude et de culpabilité, tout comme sa voix. 
Je hochais la tête, et même si mon corps me faisait mal, je parvins avec peu de difficultés à me lever.


Gingka: Je suis vraiment désolée... Je te jure, on savait pas où tu étais passé..


Je l'arrêtai.


Moi: Gingka. Ce n'est rien.


Ma voix était toute faible, mais mes cordes vocales étaient en bonne santé, c'est déjà ça. 
Ses yeux se remplirent de colère cette fois.


Gingka: Rien?! Ce n'est pas rien Yuki! Si Kyoya avait pas été là, tu serais..



Il ne finit pas sa phrase, mais la suite était facile à deviner. Morte? Probablement. Je ne m'étonnais pas du sauvetage de Kyoya, et cela renforçait le fait que lui seul pouvait me toucher sans que je ne ressente rien, allez savoir pourquoi. 
Ce n'est pas une mauvaise chose après tout, surtout de celui qui me sauve à longueur de temps. Je me tourne vers Kyoya pour le remercier, mais celui-ci me jette un regard qui semble contenir des éclairs, je fais un pas en arrière. Il semble vraiment énervé. Je m'apprête à lui demander pourquoi mais je n'en ai pas besoin:


Kyoya: Espèce d'idiote! Pourquoi tu n'as pas déguerpis dès que tu as vu la voiture?


Moi: Je..


Comment lui dire que j'étais paralysée et que je ne comprenais même pas ce qui se passait?


Kyoya: Je vais te dire ce qui aurait pu arriver moi, Tu aurais pu mourir! Mourir à cause d'un sois-disant psychopathe qui te laisse pas en paix!! Merde quoi, tu veux vraiment finir comme ça? A quoi tu joues?!


Chapitre 25: Menaces.


 
 
Il se rapprochait de moi au fur et à mesure qu'il parlait. J'avais le souffle coupé tant il avait hurlé, tellement fort que toutes les personnes autour nous regardaient avec une curiosité malsaine. 
Finir comme ça?


Moi: Non, non bien sûr que non..


Je ne l'avais jamais vu si énervé. Si en rogne. Mais d'un côté, il n'a pas tort. Si j'avais eu un peu plus de réaction, peut-être que je n'aurais même pas couru le risque de me faire boursculer par cette maudite voiture aux phares aveuglants. 


Gingka: Kyoya! ça ne sert à rien de l'enfoncer, c'est elle la victime je te rappelle! Et c'est nous qui l'avions perdue de vue alors que nous étions chargés de la surveiller.


Kyoya: Parle pour toi! Je n'ai rien à voir là-dedans moi.
 
 
Les mots de Kyoya me blessaient et mon ventre se serra, mais d'une façon différente qu'au fast-food. J'avais une fâcheuse envie d'aller lui dire de se faire voir, mais les dix dernières minutes m'empêchaient de lui repprocher quoi que ce soit pour le moment. Je lui devait au moins le silence comme remerciement, car si j'en rajoutais je ne savais même pas si je le reverrai un jour, vu comment il se braque rapidement. Je ne tiens pas à ce que cela arrive.
Gingka aussi était énervé. Une dispute allait éclater entre ces deux-là à cause de moi, et je ne veux pas que les sentiments de mon ami à mon égard lui causent une dispute avec Kyoya, il n'a vraiment pas besoin de ça et je ne veux pas que cela se produise par ma faute, alors pour éviter le pire, je lance avec toute la voix dont je dispose pour le moment:


Moi: Gingka! Rentrons. 


Gingka: Mais..


Moi: ça ne sert à rien de rester ici, viens.


Son regard allait et venait de Kyoya jusqu'à moi. Il semblait vouloir protester mais avant qu'il ne prononce quoi que ce soit, je le suppliai doucement:


Moi: S'il te plaît. 


Il hésita encore quelques seconde avant de peut-être réaliser qu'il n'avait rien à gagner en restant là à se disputer avec Kyoya, puis soupira, tout en acquiescant. Soulagée, je retournais chez Utau avec lui, tout en jetant un dernier regard à Kyoya par dessus mon épaule. 
Il me regardait toujours et ne dévia pas le regard lorsqu'il croisa le mien, contrairement à moi. J'étais incapable de soutenir ses grands yeux bleus accusateurs. Pour le moment, je préférais ceux de Gingka, avec toute la chaleur qu'ils contenaient. Nous fîmes le trajet en silence, et mes jambes avançaient avec diffulté, car si la sensation avait disparu, le froid qui engourdissait mes jambes était toujours présent, lui. Je n'avais pas la moindre idée de l'heure qu'il était, et lorsque je voulus regarder mon téléphone pour en avoir le coeur net, je réalisai que je l'avais complètement oublié sur les lieux du "presque accident".


Moi: Zut..


Gingka: Qu'est-ce qu'il ya?


Moi: Mon téléphone. Il est resté là-bas. Je l'avais dans les mains lorsque la voiture a foncé sur moi.


Gingka: Tu téléphonais?


Moi: Non. C'est lui qui m'appelait. 


Il comprit et me fit avec peur:


Gingka: Il connaît ton numéro de portable, il sait où tu habites où que tu sois.. C'est pas normal. Peut-être que c'est un Wang uh Zong, avec leur réseaux de communication vieux de 4000 ans où je ne sais plus trop quoi..


Moi: Non, ce n'est pas eux. J'aurais reconnu la voix.


Je pris cette excuse, mais la vérité est que depuis la lettre de Dashan à Utau, je savais dur comme fer qu'il ne nous embêterait plus. 
J'eu une pensée pour mon amie. Comment allait-elle réagir quand j'allais lui raconter ce qui s'est passé? J'espère sincèrement ne pas la mettre en danger en logeant chez elle..


Gingka: Je peux retourner voir si il est toujours entier si tu veux..


Moi: Non! C'est bon, reste. 


J'avais dit cela un peu trop précipitamment. Gingka tourna la tête de l'autre côté de la route afin que je ne puisse pas voir son visage, mais ce geste mettait en avant le fait qu'il rougissait. Je fis de même, gênée.


Moi: C'est juste que.. Rah je suis désolée, je suis nulle.


Il ramena son visage en direction du mien et me fis un sourire.


Gingka: T'en fais pas. Moi ça me fait plutôt plaisir.


C'était comme s'il venait de me lancer ouvertement un "je t'aime". Je rougis de plus belle et il se moqua de moi. La situation est plutôt étrange, mais il est toujours mieux d'en rire après tout, même si c'est très inconfortable pour nous deux. 


Moi: Oh, j'avais oublié! Gingka, ça ne te dérange pas si on fait un détour par chez moi? J'ai besoin de récupérer quelques affaires. 


Il me fit non de la tête, toujours avec le sourire. 


                                                   ~~

Point de vue d'Utau :


Madoka: Utau? Qu'est-ce que tu fais?!


Je me tourne vers Madoka d'un air de défi:
 
 
Moi: Je regarde mon téléphone. Je pense que ça se voit.


Ses joues deviennent rouges de colères. Elle quitte la pièce, sans doute pour ne pas me hurler dessus devant les cliens qui attendent. 
Je range mon téléphone dans la poche de mon sweat en soupirant. Tsubasa ne me donne aucune nouvelle depuis près de trois jours. Avant, ça ne m'aurait stictement rien fait, ou alors je me serais déboruillée pour me retrouver "par hasard" au même endroit que lui, mais en ce moment j'ai l'impression qu'il fait tout son possible pour que personne ne le voit, ne le remarque. J'ai faillis l'appeler pour l'histoire de garde du corps de Yuki, mais finalement je me suis dégonflée et ai dit à Madoka de le faire, d'ailleurs, j'espère que ça se passe bien pour elle et Gingka en ce moment. 
Même si je ne veux pas l'admettre, depuis le mot du miroir, cette histoire me fait froid dans la dos. Il n'y a vraiment qu'à mon amie qu'il arrive des choses pareilles, même si elle n'a rien fait pour le mériter.
Quand j'y repense, je souhaiterais revenir un peu en arrière pour retourner à la villa, même si il y avait Dashan, personne ne menaçait Yuki et je voyais obligatoirement Tsubasa le matin avec ses cheveux longs tout emmêlés et ses yeux endormis, me lançant un "Bonjour Utau" avec sa voix enrouée. Je sens mes joues chauffer, je suis stupide. 


Je retourne à mon travail. Je me lasse légèrement depuis quelques temps de réparer ces toupies toute la journée, je préfèrerais faire autre chose qui ne nécessite pas d'entendre les gosses crier à longueur de journée de se dépêcher de réparer leurs précieuses amies. Lorsqu'ils font ça, je n'ai qu'une envie : Leur faire un grand sourire et les jeter aux ordures sous leurs yeux. 
Je soupire une nouvelle fois. Je ne sais pas si c'est le temps, le fait d'avoir été réveillée brutalement ce matin ou Tsubasa, mais je suis vraiment de mauvaise humeur. 


Je suis en train de réparer un Aquario banal quand la journée prend fin et que la pluie commence à se calmer un peu. Rentrer chez moi est une idée qui me semble agréable, mais je dois impérativement passer à un endroit qui est totalement à l'opposé d'ici pour pouvoir récupérer un manteau qui est déjà là-bas depuis trop longtemps, en plus avec ce temps qui ne cesse de changer, il pourra m'être bien utile. Je me débarrasse donc de mon tablier tout poussiéreux, me lave les mains et lance un sec "au revoir" à Madoka, qui j'en suis sûre va continuer de travailler toute la soirée, si ce n'est toute la nuit. Non pas que je ne l'ai jamais fais, seulement j'ai juste envie de sortir de cette pièce qui m'étouffe au fur et à mesure des jours que j'y passe, même si cela vient à peine de recommencer, et de rejoindre Yuki pour qu'elle me raconte sa journée avec Gingka. Qui sait ce qui a bien pu se passer avec ces deux-là? Yuki a beau être complètement aveugle, je ne suis pas aussi ignorante qu'elle à ne pas remarquer les efforts que fait poil de carotte pour cacher l'amour qu'il a pour elle. Logique, j'ai fais la même chose ces dernières années.


Je remonte les escaliers qui donnent sur la boutique du père de Madoka et me dirige vers le porte manteau pour attraper ma petite veste bleue qui ne va pas m'être très utile pour me protéger de la pluie. Mais où ai-je mis mon parapluie?

Tandis que je le cherche dans tous les recoins de la pièce accroupie et que je commence à me dire que je dois l'avoir laissé en bas, j'entend la sonnerie qui signifie que quelqu'un entre retentir. Sur l'instant, je ne lève pas les yeux car si la personne qui entre n'est pas Tsubasa, je vais très vite être déçue, alors je préfère retarder ce moment. Il est où ce foutu parapluie?! 

Les pas se dirigent dans ma direction et bien qu'ils ne soient pas aussi bruyants que ceux d'une personne ordinaire, ils le sont trop pour que ce soit Tsubasa. Je sens la déception me parcourir la george. J'en ai marre de cette journée.
Je suis toujours baissée à tenter tant bien que mal de trouver mon parapluie quand une ombre se reflète sur moi, je devine que le visiteur est derrière moi et je lance d'une voix nonchalante:


Moi: La boutique de Madoka est en bas, mais de toute façon la journée est terminée alors passe ton chemin.


Si Madoka m'entendait parler comme ça à un client, je suis sûre qu'elle virerait de plusieur couleur, d'abord d'énervement, de gêne, puis de honte. Elle est bien trop gentille. J'espère tout de même sincèrement qu'avec ce ton il ou elle me laissera tranquille désormais, mais l'ombre ne se dégage pas et je n'entend pas de personne partir. 
Je me relève et m'apprête à me retourner. Qui que ce soit, il va passer un sale quart d'heure parce que cette journée commence vraiment à m'emmerder et que j'ai vraiment besoin de me défouler.


Moi: Je viens de te dire que..


Je me retourne pour faire face au visiteur, mais l'ombre vient de disparaître comme par magie, sans un bruit ni sans faire bouger quoi que ce soit dans cette toute petite pièce à part quelques mèches de mes cheveux qui semblent avoir été bougées à cause d'un petit souffle de vent. 


Moi: Y'a quelqu'un? 


Personne ne répond. Alors, soit je dois être complètement folle, soit Yuki et moi avons un ami en commun désormais, et ça me fait bien plus peur que je ne voudrais l'admettre. 
Je fais un tour sur moi même. J'ai la stupide impression d'être dans un de ces films d'horeur stupide et mal fait que je regarde quand je m'ennuie et qui me font à peine sursauter. 
J'attend encore quelques secondes pour vérifier que rien ne bouge pour mettre ma veste pour de bon et sortir d'ici au plus vite, tant pis pour le parapluie, je le chercherai demain, peut-être que d'ici là Madoka l'aura trouvé. 
Madoka. 
Je ne suis plus qu'à un pas de la porte et je peux me tirer d'ici en une ou deux secondes, mais s'il y a vraiment quelqu'un je ne me pardonnerai jamais de laisser Madoka toute seule ici avec lui, surtout si c'est l'harceleur de Yuki. Mais si c'est bien lui, j'ai la confirmation qu'il n'y a qu'elle qui ressente sa présence dès qu'il est dans les environs. Je soupire, je suis face à un débat intérieur. Madoka n'est pas mon amie. Ma seule amie, c'est Yuki, alors pourquoi je ressens de la culpabilité rien qu'à l'idée de franchir la porte de sortie? Ok, j'ai peut-être une dette envers elle après les supers vacances que nous avons passé tous ensemble et qui m'ont permis de faire face à mes fantômes du passé et d'envisager la possibilité d'une nouvelle relation. Mais s'il y a vraiment quelqu'un, est-ce que ça en vaut vraiment la peine? 
Je serre les poings. Rien à faire, je reste humaine, et les humains sont malgré moi remplis d'émotions qui sont très dérangeante pour le moment présent. Y'a pas un mode off? 


Je met ma main sur mon Virgo. Ma toupie ne fait pas partie de celles qui ont la capacité de pouvoir créer des choses qui feront reculer un agresseur, contrairement à celle de Kyoya par exemple, qui en une fraction de seconde peut faire surgir une tornade qui terrasserait tout le bâtiment, mais c'est le seul moyen de protection que je possède pour le moment. Mes pointes de cheveux sont à nouveau en mouvement. Il a bougé. Comment est-il possible de ne faire aucun bruit en se déplaçant dans le silence? Même Tsubasa serait démasqué depuis longtemps. 
Etant face à la porte, je me retourne, pour cette fois être face à la pièce. A cause du possible taré présent dans la pièce, j'ai l'impression qu'elle est beaucoup trop calme et trop propre, et j'ai envie de crier ou de chanter super fort pour combler le silence, et puis comme ça je ferais d'une paire de coup puisque ça préviendra sûrement Madoka. Malheureusement, il n'est pas question qu'elle m'entende crier comme une petite fille apeurée, donc je reviens à mon point de départ. Je devrais peut-être juste faire un tour de la pièce pour vérifier que tout va bien et descendre en bas pour faire de même sans informer Madoka de l'ombre et de mes cheveux qui se soulèvent touts seuls alors qu'il n'y a pas un souffle de vent dans cette salle.  


Je décide d'envoyer un message à Yuki pour qu'elle me rejoigne, même si c'est peut-être un peu égoïste vu que c'est après elle à la base qu'il en a, c'est la seule personne à qui je peux demander un peu d'aide, et puis Gingka est avec elle et si on le coince ensemble, tout cela cessera. Ils ne doivent pas être bien loins.


J'excécute donc mon idée des secondes précédentes en me déplaçant le plus silencieusement possible dans la pièce, à pas de loup. Mes cheveux bougent une nouvelle fois et je réfléchis. La prochaine fois qu'un "courant d'air" passe, je ferais attention à la direction dans laquelle ils vont, ce sera peut-être un indice infîme mais c'est déjà mieux que rien et ça m'évite par la même occasion de tourner en rond ici indéfiniment. 
Je suis au milieu de la pièce. J'attend. Je retiens mon souffle, pour avoir un maximum de chance d'entendre ou de percevoir quelque chose d'anormal, et je me concentre. Qu'il vienne, il va voir. 
Le temps passe sans que je bouge le moindre petit orteil et sans qu'un seul de mes cheveux ne soit balayé. Je suis persadée que ça fais bientôt 20 minutes que je suis comme ceci à attendre, mais je suis tenace quand je veux bien.
De minsucules mèches rebelles qui sortent de mes couettes me chatouilles le visage, j'observe les pointes, celles qui sont le plus sensible à ses mouvements. 


A gauche. 


Je me précipite dans cette direction à toute vitesse et ouvre l'oeil, courant dans le fond gauche de la pièce qui me paraîssait beaucoup trop petite au début de la journée et qui à présent me semble immense. Mes cheveux bougent encore, dans la direction opposée. Il court aussi. 
J'ai comme l'impression de faire une course poursuite avec un fantôme. Pourquoi est-il ici? S'il en avait après Madoka, je pense qu'il ne se serait même pas donné la peine de rester plus de quelques secondes dans la boutique de son père, surtout que j'étais de dos lorsqu'il est entré, alors il aurait très bien pu decsendre sans aucun problème. J'en conclu que c'est moi qu'il cherche, mais je me demande bien à quoi cela lui sert de se cacher sans rien faire. 
Je suis en train de m'énerver toute seule, je cours toujours dans les recoins de toute la pièce, toujours en observant mes cheveux, toujours en essayant d'entrevoir une parcelle de lui. Ou d'elle? 
Mon rythme cradiaque s'accélère et je l'entend dans mes oreilles, mais je n'ai absolument pas peur. Au bout d'un moment, remarquant que je cherchais encore et encore les mêmes endroits dans le même ordre, je finis par juste me retourner d'un seul coup au lieu de continuer ma trajectoire, et c'est là que je vois quelque chose.


Des cheveux noirs. Mais je ne les perçois qu'une fraction de seconde, alors je ne suis pas sûre. 
J'ai la rage. J'aurais aimé en voir plus et j'en ai plus qu'assez de courir partout. Je m'accroupis et met mes mains sur mon visage, pour me reposer quelques secondes et en fermant les yeux très fort pour tenter de me calmer. 
Sauf que quand je les rouvre, il fait noir. Il ou elle a éteint la lumière. 
J'ai mal au coeur. Une douleur me parcourt la george, une douleur semblable à celle que tu ressens lorsque tu as terriblement envie de pleurer mais que tu te retient, pour ne pas craquer, pour ne pas exploser, pour ne pas montrer ta faiblesse.
Malgré moi, ce type commence à m'angoisser, alors que je ne veux pas lui donner cette satifaction. Je me relève, toujours le coeur battant, mais cette fois pas parce que je suis fatiguée d'avoir couru. Je n'entend qu'eux et ma respiration hatelante, je devrais hurler pour demander de l'aide à Madoka, mais merde, je veux pas qu'on me voit dans cet état. Je ne veux jamais que quelqu'un me vois dans cet état là. Mon corps se met à trembler comme une feuille lorsqu'elle tombe, morte, d'un arbre, et je ne sais même pas où est l'interrupteur. La peur du noir ne m'a jamais quitté, j'en ai bien l'impression. C'est comme être dans le vide, sauf que tout paraît plus obscur et plus malsain.


La sonnerie retentit et j'ai un sursaut quand elle parvient à mes oreilles.


Chapitre 25: Menaces.




La faible lueur de la soirée éclaire un peu la pièce lorsqu'on ouvre la porte alors je ressens comme de la chaleur dans ma poitrine. Malheureusement, ça ne dure pas longtemps car une main se pose sur mon épaule. Je suis paralysée.


- : Laisse nous tranquille.


Une voix chuchote ça à mon oreille. Terrifiante et sournoise. Je suis prête à parier ,avec horeur, qu'il souriait lorsqu'il me parlait. Je pousse un cri beaucoup trop fort et c'est à ce moment là que la lumière se rallume et que j'entend des pas courir vers moi, malheureusement la lumière m'aveugle sur le moment et je ne parviens pas tout de suite à distinguer l'identité de la personne. 


Je suffoque et j'ai l'impression de faire une crise de panique. Je pose mes mains sur mes oreilles pour ne plus jamais entendre cette voix horrible qui a retentit dans me tête comme une mélodie incessante. J'ai envie de m'arracher la tête, j'ai envie de faire quelque chose pour que sa voix sorte de mon esprit. Je tombe à terre.


- : Utau?! Mais qu'est-ce qui se passe?!


J'essaye de reprendre mes esprits mais ma vue est brouillée et mes sens semblent ne plus vouloir m'obéir. La voix qui me parle est comme retransmie au ralentit dans ma tête, bien que je ne l'entende pas très bien. 


- : écoute, il faut que tu te calmes!


Je parviens à saisir le sens de ses paroles quand il me dégage les mains de mes oreilles, mais c'est plus facile à dire qu'à faire pour le moment. Mon coeur me fait mal et j'ai de plus en plus de mal à respirer. 


- : Essaye de penser à quelque chose d'agréable, je ne sais pas moi!


Le fais qu'il me donne cette solution "miracle" m'énerve encore plus et je commence à comprendre qui est en face de moi. Sait-il qu'il est quasiment impossible de détourner la peur et les pensées qui me tordent le ventre? Mon cerveau semble refuser de suivre son conseil.


- : Retient ta respiration. 


Il est fou ou quoi? 


- : Fais moi confiance! Retient ta respiration, merde!


De toute façon, je ne sais pas comment arrêter tout cela, la peur qui me tord le ventre, la panique qui envahit ma tête et mes mains qui tremblent, alors je l'écoute. Je ferme la bouche pour m'empêcher de respirer et je sens l'odeur de Kyoya qui se penche pour me tenir les épaules maintenant. 
Petit à petit, mon coeur bat plus lentement, et la pression de ses mains se fait moins forte. Ce qui vient m'envahir par contre désormais, c'est la honte. 


Ma vue s'améliore et mon corps ne tremble plus de tout son être. Je ne sais pas comment j'ai fait.


Kyoya s'éloigne complètement de moi, comme si notre court contact l'avait profondément dégoûté. J'ai une légère pensée pour Yuki, et malgré ce qui vient de se passer, j'ai un sourire qui naît au coin des lèvres. 


Kyoya: Tu peux.. m'expliquer? 


J'ai très honte qu'il m'ait vu dans cet état de faiblesse, j'ai l'impression qu'une partie de moi a été dévoilée, une partie de moi que je veux à tout prix cacher et si possible faire disparaître. Mais c'est Kyoya.


Kyoya: Non en fait,tu sais quoi? Ne m'explique rien, je ne préfère pas savoir.



J'en étais sûre, et ça me rassure. Je me relève et essuie mes vêtements pleins de poussière qu'ils ont ramassé quand j'étais sur le sol.
Mais il faut quand même que je lui parle de l'origine de tout ça.


Moi: C'était l'harceleur de Yuki. J'en suis sûre. 


Il ne me regarde pas, comme s'il était dans le déni total de la situation, et je l'entend marmonner quelque chose comme "c'est toujours moi" mais je ne parviens pas à entendre le reste de ce qu'il dit. Il est vraiment bizarre, si il ne m'avait pas aidé je lui aurait fait une petite réflexion. 
Je suis étonnée que Madoka ne m'ait pas entendue crié ou courir. J'ai peur quelques instants que l'harceleur ne soit tombé sur elle, mais je remarque une fenêtre ouverte qui ne l'était pas avant que la lumière ne s'éteigne. Je suis rassurée mais me traite d'imbécile la seconde suivante pour m'être inquiété pour elle, c'est après moi qu'il en avait alors j'aurais dû partir toute suite. 
Voyant que Kyoya est toujours en train de marmonner des trucs dans son coin avec son air énervé, je lui demande:


Moi: Qu'est-ce que tu fais ici? On t'a réparé ta toupie il n'y a pas longtemps. 


Il est devant la porte d'entrée et donne des petits coups de pieds dans l'armoire à côté de celle-ci quand il commence à farfouiller dans sa poche. Qu'est-ce qu'il va me sortir?
Je m'approche pour voir ce dont il s'agit lorsqu'il me tend la main, toujours sans me regarder.


Moi: Quelle humeur. 


Kyoya: La ferme.


Une fois de plus je me retient. Reste calme Utau. 


Quand j'observe ce qu'il me tend, la première chose que je remarque est une photo de moi et Yuki lors de notre première purikura, quelques semaines après que nous ayons fait connaissance, et je reconnais celle-ci qui est collée sur son téléphone habituellement. 
Je le fixe. Pourquoi l'a-t-il? 


Moi: J'ai besoin d'une explication.


Kyoya: T'as envoyé un message à Yuki pour lui dire de venir ici, et comme elle avait oublié son téléphone et que je l'avais, je voulais venir à sa place pour que tu lui rende, désolé de te décevoir la blonde. 


Moi: Tu es quand même sacrément chanceux de tomber sur son téléphone en particulier et qui comme par hasard s'est trouvé sur ton chemin. 


J'ai un peu de mal à croire qu'il l'as simplement trouvé.


Kyoya: C'est pas ce que j'ai dis. Tu lui demandera, maintenant prend ça et rentre chez toi, j'en ai marre de vos histoires. 


Moi: Si c'était vrai, tu n'aurais même pas rammassé le téléphone. 


Kyoya: J'ai fais ça pour rendre service, c'est tout. 


Moi: Ou peut-être que sous ton rôle de méchant chaton solitaire, tu t'es inquiété quand tu as vu la tension qui régnait dans ce message? 


Kyoya: Prend pas tes rêves pour de la réalité.


Moi: Je plaisante, je préfère mille fois que tu m'envoie ta haine que ton inquiétude. 


Les discutions avec Kyoya sont toujours les mêmes, sans intérêt et agressives. J'ai bien envie de l'insulter davantage, mais j'ai déjà assez testé sa patience, car enfin il me regarde avec ses grands yeux pleins de haine à mon égard. Je hais les yeux bleus. Je ne détourne pas le regard et lui renvoie sa méchanceté par le mien. Avec l'orage qui gronde à nouveau dehors, ça fait une bonne scène de dispute. Dommage que ce soit sans cesse les mêmes.


Kyoya: Tu pourrais m'être reconnaissante, je te ramène le téléphone de ton amie et je te sauve la vie. Alors pour me remercier tu vas me faire le plaisir de prendre ce truc et de lui rendre.


Il me désigne le téléphone et je prend absolument toute la volonté que j'ai en moi pour ne pas le lui renvoyer à la figure. Il n'a pas totalement tort. 
Je lui arrache le téléphone des mains et lui ordonne de se pousser pour qu'il me laisse sortir, ce qu'il fait, non sans grognements. 


Je m'arrête après quelques pas dos à lui, puis lui refais face pour lui lancer:


Moi: Pourquoi tu ne vas pas lui rendre toi plutôt?


Kyoya: Tu as décidé de me pourrir le reste de ma journée ou quoi? Dégage!


Moi: Non. 


J'ai un petit pressentiment. Je commence à connaître les réactions de ce type.


Moi: Si t'es venu, c'est parce que ça t'arrangeais. Tu ne serais jamais là sinon, alors la question est de savoir pourquoi tu ne lui a pas rendu directement? 


Kyoya: Peut-être parce que je savais pas où elle était et que toi tu venais d'envoyer un message pour qu'elle te rejoigne chez Madoka, et que vu qu'elle vit chez toi maintenant ça me semblait plus logique de faire ça? Tu ne tourne pas rond dans ta tête, ma pauvre. 


Moi: Je pense plutôt que t'as esquivé la confrontation avec elle.


Son excuse est plus que valable, mais je ne lâche pas l'affaire. 


Kyoya: Mais de quelle confrontation tu parles au juste? Je comprend rien.


Moi: Je pense que si, justement. Je t'ai rarement vu en rogne comme tu l'es maintenant et tu as trouvé comme par miracle le téléphone de Yuki. Ne me prend pas pour une imbécile. 


Kyoya: La prochaine fois je le mettrai à la poubelle. 


Je soupire. Je suis persuadée qu'il s'est passé autre chose.


Moi: Tout à l'heure tu m'as dis que je devais lui demander. Lui demander quoi au juste? 


Kyoya: Arrête de me prendre la tête et rentre chez toi.


Moi: J'arrête si tu me dis ce qui se passe!


Kyoya: Bon ok! Si c'est le prix à payer, j'ai croisé Yuki et Gingka cet après-midi et Yuki a faillit se faire renverser par l'autre taré en voiture pendant qu'elle était au téléphone avec lui. Si j'avais pas été là, elle serait morte. Du coup j'ai sauvé deux vie dans une soirée, c'est super, maintenant laisse moi tranquille. 


J'accuse le coup. La renverser en voiture? Ce type est complètement fou.  
Moi: Et pourquoi tu t'es disputé avec elle?


Kyoya: J'ai jamais dis ça. 


Moi : POURQUOI?


Il est à bout de nerfs, mais je n'ai pas l'intention d'attendre de rentrer chez moi pour connaître la fin de l'histoire par Yuki. ça me permet de penser à autre chose, et puis, j'aurais la version de chacun comme ça. 


Kyoya: T'es vraiment chiante.


Moi: Je croix que tu bats ton record d'insulte en une soirée pour le moment, on progresse. 


Kyoya: Parce que j'étais en colère contre elle. Elle a même pas essayé de bouger, elle est restée là comme une idiote, à fixer la voiture qui lui tombait dessus. 


Moi: Tu étais en colère parce que tu as eu peur? Peur qu'elle ne meurt, n'est-ce pas? 


Je dois savoir, c'est ce genre de situation qui révèle la personnalité des gens. 


Kyoya: Je suis pas quelqu'un sans émitotion non plus, et puis Gingka en aurait souffert.


Utau: Tu n'en a rien à faire de ça. Si tu ne tenais pas un minimum à elle, tu n'aurais même pas bougé le petit doigt.


Kyoya: Je t'ai bien sauvé et je ne t'aime pas. Ce que tu dis n'est pas logique. 


Je souris. 


Moi: Oui, mais ELLE en aurait souffert. 


Je lui tourne le dos et repart, et il ne me contredit pas. Ses non-réponses et ses tentatives d'esquiver mes questions m'ont totalement satisfaites. 
On dirait bien que le chaton des forêts possède un petit coeur finalement. Et peut-être que celui-ci n'est pas insensible tout compte fait.


Je rentre chez moi sans passer récupérer ma veste, je n'ai aucune envie de faire un détour après ce qui s'est passé. Comme je m'y attendais, Yuki et Gingka sont déjà rentrés, et Yuki s'est endormie sur le canapé dans une position pas du tout flatteuse, et pourtant le visage de Gingka est tout attendrit. Je pourrai presque le trouver touchant. 


Moi: Allez poil de carrotte, rentre chez toi. 


Il sursaute légèrement et sans doute de peur de se prendre un reproche de ma part, il acquiesce sans rien dire et s'en va, en n'oubliant pas de lancer un dernier regard à Yuki. 
Je ne sais même pas pourquoi ça me rend envieuse. 


Je me pose à côté de Yuki sur le canapé, un film d'action est en train de passer et je suis suprise que mon amie soit endormit si tôt, elle qui est si insomniaque. Je suppose que c'est à cause de la journée d'aujourd'hui.


Je change de chaîne, détache mes cheveux et fixe mon téléphone. Que fais-tu en ce moment? 
Je soupire. C'est fou comme ça me tue de l'admettre, mais ce crétin d'oiseau me manque. 
Il faut peut-être que j'arrête de donner des surnoms à tout le monde non? 
Je fais défiler les contacts sur mon téléphone et celui de Tsubasa apparaît. Je ne sais même plus comment cela se fait que j'ai son numéro, j'aimerai bien m'en souvenir. La fatigue commence à m'emporter, mes paupières se font difficiles pour rester ouvertes, et mon esprit commence à être un peu embrouillé. Pourquoi ne prend-t-il pas de mes nouvelles? Est-ce que j'ai vraiment raison, il a eu ce qu'il voulait? 


Mes doigts semblent bouger tous seuls et juste avant que le sommeil me gagne, un message s'envoit, un message même pas complet qui sort directement de mes pensées les plus profondes et dont je vais regretter la présence dès demain matin. 


20h
De: Moi
à: Tsubasa 
J'ai envie de te v




Tags : #Manga#beyblade - Love Youu. ♥ - #Chapitre 25 ♥ ~

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.162.164.86) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Fan-FictionBeyblade

    30/10/2017

    Cameby wrote: "Wouuuuu c est Yoyo qui l a sauvé!!!:'D ** par contre il crit trop la pauvre xD et Utau est justr parfaite pour denicher les info~"

    Hé ouiii :) C'est la meilleure haha

  • Cameby

    30/10/2017

    Wouuuuu c est Yoyo qui l a sauvé!!!:'D ** par contre il crit trop la pauvre xD et Utau est justr parfaite pour denicher les info~

  • Fan-FictionBeyblade

    31/07/2017

    Visiteur wrote: "Oh.... C'est tellement chou! "

    Héhé :)

  • Visiteur

    29/07/2017

    Oh.... C'est tellement chou!

  • musa-et-master-creations

    27/06/2017

    De rien je sais je vais la lire merci :)

  • Fan-FictionBeyblade

    27/06/2017

    musa-et-master-creations wrote: "Super :)"

    Merci :) La suite est disponnible ! ^^

  • musa-et-master-creations

    25/06/2017

    Super :)

  • Fan-FictionBeyblade

    15/06/2017

    jesuismoiiiiii wrote: "Ce chapitre est un vraiment mieux, j'aime bien la personnalité de Utau, elle est perspicace en plus/ Le fait qu'elle tire les vers du nez de ce Kyoya est super marrant. Bref g bien aimé, continue comme ça:)"

    Je suite contente que tu ai apprécié, merci beaucoup :)!

  • jesuismoiiiiii

    15/06/2017

    Ce chapitre est un vraiment mieux, j'aime bien la personnalité de Utau, elle est perspicace en plus/ Le fait qu'elle tire les vers du nez de ce Kyoya est super marrant. Bref g bien aimé, continue comme ça:)

  • Arianna-demonica

    07/06/2017

    ^^

Report abuse