Chapitre 23: De plus en plus près.

 
Chapitre 23 : De plus en plus près.
 

 
Moi : Il n'en est pas question.
 
 
Utau : Personne ne te laisse le choix.
 
 
Depuis notre retour en ville, mon amie et moi avions repris nos habitudes, en particulier celle qui consiste à papoter devant un café, chocolat chaud ou tout simplement jus de fruit de tout et de rien, que j'aime tant. 
 
 
Moi : Mais je ne suis plus une gamine !
 
 
Ce début d'après-midi là était en revanche assez différent des autres, tout comme la situation dans laquelle je suis à présent, même si elle n'a jamais été vraiment normale depuis que je viens ici.
 
 
Utau : Ce n'est pas une question de ça Yuki. Des personnes de n'importe quel âge se font agresser, enlever, ou même harceler comme on le fait actuellement avec toi. C'est super dangereux.
 
 
Je fixe mes mains, ne savant pas quoi dire pour me défendre ou pour argumenter mon opinion. Je n'avais même pas remarqué qu'elles tremblaient, et c'est pourtant probablement le cas depuis hier soir, et sûrement pire depuis le mot tracé au rouge à lèvre rouge sur le miroir de ma salle de bain.
 
En effet, tout ceci n'est peut-être pas quelque chose à prendre à la légère, même si je ne connais pas bien les comportements humains, je ne pense pas que entrer par effraction chez les autres soit une chose habituelle. Mais la solution que me proposent Utau, Gingka et Madoka est bien trop extrême.
 
Moi: Je n'aime pas qu'on s'occupe de moi.
 
Utau soupire d'exaspération. Je sais que je peux paraître ridicule, mais j'ai horreur d'être la petite chose qu'on doit protéger, déjà que ça me gène énormément qu'ils tiennent tous à m'aider à retrouver mon harceleur, alors avoir tous les jours un garde du corps, c'est vraiment trop.
 
Moi: Comprend moi, tu aurai réagis pareil! Tu aimerais franchement qu'une personne du groupe te tienne compagnie toute la journée en risquant de courir le même danger que toi?
 
 
Utau: Toi, ce qui te gêne, c'est d'impliquer les autres dans cette histoire et de passer pour une petite fille sans défense. Moi, je n'en aurais même pas parlé autour de moi et si jamais on devait me tenir compagnie, ce qui me dérangerai, c'est la présence de la personne, quelle qu'elle soit, parce que je ne la supporterai sûrement pas.
 
 
J'imagine facilement Utau en train de se démener pour se débarrasser de celui qui l'accompagne. Je me mords la lèvre pour m'empêcher de rire.
 
 
Moi: Ça revient au même, tu ne l'accepterais pas.
 
J'ai l'impression soudainement d'avoir des arguments de choc, mais mon amie ne semble pas vouloir se laisser démonter si rapidement.
 
 
Utau: Il ne s'agit pas de moi Yuki! Et puis tu n'es pas obligée de sortir avec cette personne. Déjà, tu dormiras tous les soirs chez moi ou Madoka, c'est une obligation..
 
 
Moi: Ça j'accepte. Ça suffit largement.
 

Utau: Sauf que Madoka et moi ne restons pas toute la journée chez nous. La personne qui te surveillera selon les jours restera avec toi, chez l'une ou l'autre quand tu ne voudra pas sortir.
 
Une idée me vient à la tête. Une proposition que je m'étais déjà posé lors du retour.
 
Moi: Et si je veux faire un petit boulot?
 

Comme je l'imaginais, mon amie est étonnée, mais ça ne dure qu'une seconde.
 
Utau: Il restera à l'endroit où tu travailles. C'est nouveau ça? Depuis quand tu as pris cette initiative?
 
 
Moi: Depuis hier à vrai dire.. Je ne tiens plus à passer mon temps à me promener ou à faire des visites à l'hôpital, me lever tôt le matin et gagner un peu d'argent pendant l'été rythmera un peu mon quotidien.
 
 
Utau: Et tu comptes faire quoi?
 
Je réfléchis quelques secondes. Il y a sûrement de nombreuses possibilités pour travailler, mais je ne suis pas très habile de mes mains alors ça enlève beaucoup d'options.
 
Utau: J'en étais sûre. Si tu veux on ira feuilleter un peu les rubriques pour tout ça. Mais revenons à notre sujet principal, tu lâches l'affaire?
 
Je marmonne un petit "oui". Je sais très bien que c'est peine perdue quand je débat avec Utau, c'est d'ailleurs pour cela que Gingka a confier à cette dernière la mission de me convaincre. Il faut dire que quand Madoka a annoncé tout ça, j'étais rouge de honte, c'est plus fort que moi, même si c'est eux qui le propose. En gros, pour tout résumer, chaque jour de la semaine une personne différente du groupe va rester avec moi toute la journée jusqu'au soir, où je rentrerais soit chez Utau, soit chez Madoka, j'ai tout d'abord trouvé tout ceci beaucoup trop extrême, à la limite de la paranoïa, mais je me suis rendue compte que quand je marchais dans la rue, et cela même en compagnie d'Utau, je regardais partout autour de moi, l'air d'une folle. Évidemment, ça peut se comprendre, mais j'avoue qu'après maintes réflexions et arguments d'Utau, je serais vraiment plus rassurée si j'étais accompagnée, même si ça me met toujours autant mal à l'aise.
 
Le week-end, j'aurais le droit à un peu de liberté, si j'ai bien tout compris. Enfin, quand je dis liberté, c'est que ce ne sera plus les garçons qui seront à mes côtés, mais Utau, car la semaine elle va travailler à plein temps désormais. Je suis quand même assez déçue de ne plus voir autant qu'avant mon amie, vivement que l'été se termine.
 
Utau: Parfait.
 
Elle sirote son frappuccino, satisfaite.
 
 
Chapitre 23: De plus en plus près.

 
 
Même si je n'ai pas réussis à me débarrasser de tout ceci, je me sens soulagée, tout au fond de moi. Je ne serais plus seule.
 
Je soupire et me détend un peu. Kenta et Yu sont trop jeunes, et même si on me forçait, je ne tolérerais pas qu'ils soient mêlés à tout ceci, alors dans ce cas il ne reste qu'une poignée du groupe, autrement dit Benkeï, Gingka, Tsubasa, et Kyoya. Ca ne fait que quatre.. Cela veut-il dire qu'il va y avoir un trou dans la semaine? Peut-être qu'il n'y ont pas fait attention.. J'hésite, avant de demander à Utau comment ça se passera.
 
Utau: A ce que m'a dit Madoka, ce sera soit un de leurs copain qui vient de je ne sais où, soit un que tu as déjà supporté un des jours de la semaine, je ne sais pas vraiment. Et d'ailleurs, je ne sais même pas s'ils sont déjà au courant, à part Gingka.
 
Moi: D'accord..
 
Pourquoi faut-il que ce genre de choses m'arrivent?
 
 
Tout le reste de l'après-midi, Utau et moi le passons à farfouiller dans des friperies et à parcourir les petites annonces à la recherche d'un boulot qui pourrait me correspondre. Je ressors des friperies avec de vieux uniformes de lycée que je trouve super jolis, bien que simple, ça peut paraître stupide vu que je ne n'étudie pas, mais c'est les seules jupes et shorts que Utau à réussit à me faire essayer. Mon amie elle, n'achète rien, et c'est à peine si elle a regardé quelque chose pour elle, donc j'en conclue que ce petit shopping était pour me changer les idées. Missions accomplie, et si ça continue, je vais peut-être bien finir par aimer le shopping.
 
La sensation bizarre de la veille ne vient pas une seule fois me déranger, mais j'ai parfois tellement peur de la voir ressurgir lorsque je suis dans la rue, même en compagnie d'Utau, que j'entends mon c½ur battre dans mes oreilles. "Parano", me lance Utau.
 
En fin de journée, je lance un sujet de conversation dont Utau ne semble pas vouloir parler.
 
Moi: Tu en es où exactement avec Tsubasa?

Elle soupire et une mine déçue parcourt son visage. Mon amie m'a confié que c'était le silence avec lui depuis hier, ce qui m'étonne fortement.
 
Utau: Je n'en sais rien.


Moi: Ca ne lui ressemble pas de faire le coup du silence..
 
 
Utau: Peut-être qu'il a eu ce qu'il voulait et que maintenant, il ne voit plus de raisons de continuer. Il m'a ignoré tout le long du trajet en voiture alors que nous étions ensembles, et il n'a pas cherché à me contacter.
 
 
Elle dit ça sans aucune émotion, comme d'habitude, alors que je suis persuadée qu'elle est un peu plus triste que ce qu'elle voudrait bien le faire voir. Mais une phrase se pose avec un point d'interrogation dans ma tête.
 

Moi: Ce qu'il voulait?
 
Reprenant les bonnes habitudes, elle rougit légèrement et se contente de hocher la tête. Je croix comprendre.
 
Moi: Il t'as embrassé.
 
 
Utau: "rougit" Non, ne dis pas de bêtises! Simplement, le soir où il m'a raccompagné dans ma chambre, nous sommes restés collés l'un à l'autre toute la nuit, alors peut-être qu'il a comprit ce que je ressentais et qu'il ne veut plus me voir..
 

Moi: Ce n'est pas logique, ce que tu dis. S'il avait comprit, il ne partirait sûrement pas.
 
Utau me lance un regard du genre "Tu ne comprends vraiment rien".
 
Utau: Ma chère Yuki, les garçons sont aussi compliqués que les filles, mais pour différentes raisons.
 
Je suis un peu perdue.
 
Moi: Comment ça?
 
Elle regarde le ciel pendant que nous marchons dans le parc qui est à côté du lac. Le ciel est en train de se coucher, ce qui provoque de magnifiques reflets sur l'eau qui eux même se reflètent sur mon amie, lui donnant un air d'ange encore une fois. Je détourne les yeux, par jalousie et parce que le soleil commence à m'aveugler, et le discourt de Chao xin me revient en mémoire, celui qu'il m'avait servit sur un plateau lors de la fête foraine. J'avais tellement envie de croire à ce qu'il me disait que j'ai eu, ne serait-ce le temps que de quelques heures, confiance en moi. Mais tous ceci est partit en fumée quand j'ai appris qu'il m'avait dit ça uniquement pour me distraire, et puis il n'a parlé que de mon physique, alors que le mental suit assez bien le reste de ce que je pense de moi.
 
Je m'interrompt dans mes pensées lorsque Utau recommence à parler, je l'écoute attentivement.
 
 
Utau: Je ne sais pas ce que tu croyais Yuki, mais quand quelqu'un est intéressé par une autre personne, les choses peuvent être effroyablement compliquées. Les filles sont pour la plupart naïves, jalouses entre elles, et peuvent parfois tout donner aux garçons sans se méfier. C'est ce qui m'est arrivé, avec Dashan, et j'ai tout perdu, alors j'ai appris à me méfier continuellement de ce genre de sentiments, car parfois, même si dans le cas de Dashan son amour était sincère, il arrive qu'une fois que le coeur des filles est totalement acquis, ils se lassent, il n'y a plus de "défis" pour la conquérir, donc forcément ça devient chiant. Rares sont les amours où chacun aime de la même façon, quelque soit le couple, il y en a toujours un des deux qui aimera l'autre beaucoup plus fort, enfin la plupart du temps.
 
Moi: Donc si j'ai bien compris, tu es en train de m'expliquer que Tsubasa te voyait comme une sorte de "défis"? C'est ridicule.
 
Utau: Pas vraiment. On ne connaît jamais vraiment les gens qui nous entourent, alors peut-être que sous sa gentillesse se cache-t-il cette explication-là?
 
Mon cerveau bourdonne. C'est tellement impossible d'imaginer Tsubasa en train de faire une chose pareille, après tous les efforts qu'il a fait malgré le mauvais caractère de mon amie et les obstacles qui portaient le nom de Dashan, c'est totalement inimaginable.
 
Moi: Je suis sûre que tu te trompe. Tsubasa est quelqu'un de profondément gentil, il ne ferait jamais une chose pareille!
 
Utau: C'est ce que je pensais, et c'est pour ça, je croix, qu'il m'a plû, mais maintenant...
 
Moi: Maintenant rien n'a changé Utau! J'ai vu comment il te regardait, comment il te protégeais et à quel point il a été inquiet pour toi lorsque Dashan faisait des siennes. Ne voit pas le mal partout Utau, je sais que t'as eu le coeur brisé, mais Tsubasa est vraiment quelqu'un de bien, j'en suis persuadée. Il ne te fera jamais de mal et il y a probablement une raison pour laquelle il ne t'as pas donné de nouvelles pendant deux jours. Deux jours Utau, ce n'est rien! Je ne comprend pas comment tu peux te prendre la tête pour si peu de temps.
 
Je défend Tsubasa corps et âme. Elle ne peux pas se permettre de douter de lui après tout ce qui s'est passé.
 
Moi: Et puis d'abord, si tu tiens tant que ça à mettre les points sur les i, contacte le.
 
Je sais très bien que ce que je viens de dire a environ zéro chances de se réaliser, mais je fais prendre conscience à Utau que lui non plus n'a pas de nouvelles d'elle.
 
Utau: T'es folle.
 
Évidemment.
 
Nous marchons quelques minutes en silence. Nos pas sont le seul bruit que nous entendons aux alentour avec les voitures qui passent. Je finis par demander:
 
Moi: Tu comptes lui dire, pour ta mère?
 
 
Elle me tourne la tête pour regarder le lac. Je comprend qu'elle y a déjà réfléchit.
 
Utau: Je ne sais pas, parce que je sais très bien qu'il va me conseiller de m'en aller la rejoindre, et je ne veux pas qu'il me dise ça.
 
Moi: Tsubasa n'est pas quelqu'un d'égoïste, jamais il ne te dira de rester pour lui.
 
Utau: Je le sais. Et puis, je ne sais toujours pas si je vais y aller. Sûrement pas maintenant en tout cas.
 
Elle secoue la tête, sûrement agacée de tant de questions et de complications que ce soit dans sa vie ou dans la mienne.
 
Utau: Et toi alors?
 
Moi: Moi quoi?
 
 
Je ne saisis pas ce qu'elle me demande, et pourtant un air sournois parcourt son visage.
 
Utau: Avec Kyoya?
 

Je manque de m'emmêler les pieds et de tomber à terre. Je rougis. Moi avec Kyoya? Qu'est-ce qu'elle veut dire?
 
Moi: Bah quoi?
 
Utau sourit, comme si elle m'avait prise sur le fait alors que je ne sais même pas pourquoi elle me demande ça, et c'est la vérité.
 
 
Utau: Je t'en prie, tu croix que je n'ai pas remarqué que tu t'es sacrément rapproché de ce chaton pendant les vacances? Tu me prend pour qui?
 
Je suis complètement surprise. Selon elle, je suis intéressée?
 
Kyoya est le garçon le plus grognon et le plus désagréable que je connaisse, et même si je ne l'appréciais pas du tout avant ces deux semaines et que j'ai appris à le connaître, cela ne veut pas dire que je suis attirée par lui d'une façon ou d'une autre.
 
Utau rit en me regardant, sûrement parce que j'ai une tête complètement étonnée par ce qu'elle vient de dire.
 
Utau: N'empêche que vous avez passé pas mal de temps ensemble.
 
Moi: Je ne vois pas le rapport. Je me suis rapprochée de Wales aussi, dans ce cas.
 
Utau: C'était deux situations complètement différentes. Kyoya ne se comporte jamais comme il le fait avec toi avec personne.
 
L'image de Kyoya me revient en tête et j'en reviens à me questionner encore une fois au sujet de ma téléportation. Je ne parviens pas à dire pourquoi, mais j'ai la nette sensation que ça n'aurait pu être que lui. C'est vrai que nous avons pas mal parlé pendant ces vacances, et que j'ai découvert qu'il lui était possible de sourire et de discuter d'autres choses que le Beyblade en ma compagnie, mais il reste Kyoya.
 
Moi: Tu te trompes. Je ne sais même pas si nous sommes amis.
 
Utau: "sourit" Justement.
 
Tout le long de la soirée, elle refuse de m'en dire plus et après avoir mangé un sandwich dans une petite brasserie, nous rentrons chez elle pour dormir vers 22h, quand je me rend compte que je n'ai absolument pas prévu d'affaires pour dormir, m'habiller pour les jours qui suivent, en gros que tout est resté chez moi. Je me traite d'idiote, mais Utau me prête une chemise de nuit et me rassure en me rappelant que j'ai les affaires que j'ai acheté cet après-midi dans la friperie. J'irais chercher un sac d'affaire demain, quand la semaine commencera et que je serais accompagnée pour la toute première fois de je ne sais qui.
 
Le studio d'Utau est un peu plus grand que le mien, ce qui fait que j'ai ma propre chambre. Mon amie et moi nous disons bonne nuit respectivement et je découvre la pièce dans laquelle je vais rester pendant un petit moment. Elle est tout ce qu'il y a de plus simple, les murs sont blancs et il y a un lit, une petite table de nuit, une armoire et un miroir. Le fait de rester seule pour dormir me fait légèrement peur, mais je ne ressens rien d'étrange et en cela, je réussis à fermer les yeux pour tenter de dormir. Mais c'est peine perdue, mon insomnie est revenue. Je rallume la lumière et recommence à lire mon livre du moment que j'ai pioché au hasard dans la bibliothèque près de chez moi que Utau m'a fait découvrir, lui annonçant que j'aimais beaucoup lire et que j'avais d'ailleurs adoré le bouquin qu'elle m'avait prêté. Celui-ci s'appelle "la rivière à l'envers", et j'aime beaucoup cet univers un peu fantastique avec deux enfants qui se suivent dans une aventure. Finalement, je finis par m'assoupir dessus et à sombrer dans mes rêves habituels, qui se tiennent tranquilles désormais.

 
                                                      ~~

 

C'est le bruit de la pluie qui me réveille. J'ouvre mes yeux avec difficulté en songeant à l'idée de rester toute la journée au lit, mais je me remémore la journée d'hier, alors cette possibilité agréable tombe à l'eau. C'est le cas de le dire, avec ce temps.
 
 Je regarde l'heure. 7h45. C'est assez tôt, je n'ai pas beaucoup dormis et mon rêve m'a donné l'impression de me débattre toute la nuit, bien que je n'ai pas ressentis de douleurs physiques à ma plus grande joie. Ce cauchemard que j'ai fais en vacance me hante et aussi bien que les mots tracés sur le miroir, j'ai peur qu'il réapparaîsse à tout moment, quand je ne m'y attendrais pas. 
 

Je n'ai pas la moindre idée de l'heure à laquelle Utau commence le boulot désormais, mais je suis prête à parier qu'elle est encore en train de roupiller. Je décide de m'habiller simplement, me demandant quel garçon va me tenir compagnie aujourd'hui, en esperant que ce ne soit pas Kyoya. Pourquoi? Tout simplement parce que je veux éviter toute remarque d'Utau à son sujet dès le lundi matin. J'enfile le pantalon que j'ai mis la veille et un haut d'uniforme acheté lui aussi à ce moment-là, je me blottit d'une veste marron par dessus et décide de sortir de la pièce, histoire de bouger un peu.
 Je me lève donc discrètement en essayant de ne pas faire craquer le parquet, claquer les portes ou encore de marcher trop brusquemment. Arrivée à la cuisine, le silence est pesant, et le bruit régulier de l'aiguille de l'horloge principale ne fait que le rendre davantage. Je frissone, il fait bien plus froid ici que chez moi et j'ai soudainement envie d'aller me réfugier de nouveau dans mon lit, au chaud, au lieu d'attendre quelque chose dans cette pièce. La modernité du studio d'Utau ne fait que le rendre plus froid, tout le contraire de l'accueillant dans lequel on aime aller et qu'on se sent chez soi. J'imagine que c'est exactement pour ça que mon amie l'a choisit, aucune émotion, aucune chaleur, ne dégage de cet appartement. Les murs sont blancs, les meubles aussi, on pourrait presque croire qu'Utau est une maniaque tant rien de dépasse, et j'avoue que ça me stresse pas mal.


Je suis en train de chercher le lait dans le frigo quand ma colonne vertébrale se met à frissonner tout à coup, et j'en fais tomber la bouteille que je viens de trouver. Mes mains tremblent de nouveau, la sensation, cette sensation d'être observée et suivie en permanence, n'a jamais été aussi forte. Je ferme le frigo et me met dos à lui, pour avoir une vue d'ensemble sur la pièce tout en craignant de voir quoi que ce soit arriver par le couloir qui est complètement sombre. Je me maudis intérieurement d'avoir quitté ma chambre. 


Mais comment mon harceleur a-t-il pu me trouver ici? 
Ceci ne fait qu'augmenter mon angoisse, et mon sang froid est en chute libre. Je suis à deux doigts de crier pour appeler Utau quand le téléphone fixe se met à sonner avec la sonnerie basique "driiiiing". J'hésite énormément à décrocher, mais j'ai bien trop peur qu'Utau rate un appel important, quel qu'il soit ou encore que ce soit Madoka, ou Gingka, ou le garçon qui est en route pour rester avec moi et dont je n'avais jamais autant désiré la présence jusqu'à maintenant. Je prend donc le téléphone et le colle contre mon oreille, et mes mains tremblent tellement que je manque de le faire tomber. Je bafouille un "allo", et bien sûr, je n'obtiens pas de réponse. J'ai l'impression que la même scène que l'autre fois est en train de se reproduire. 


Moi: Allô? Qui êtes vous? 


La sonorité de ma voix est faible, mais je suis sûre qu'il ou elle m'entend. 
A ma grande surprise et horreur, mon correspondant rit. Un rire sec, court, pervert, mais il rit. Je peux jurer que c'est une voix d'homme, mais elle a quelque chose d'aigüe, de léger, mais en tout cas je ne la connais absolument pas. Je ne comprend pas et redemande un peu plus fort qui est à l'appareil, mais je n'écoute à nouveau que les respirations de celui à l'autre bout du fil. Je raccroche immédiatement et le laisse décroché, de façon à ne plus être dérangée du tout. 
Je m'assois sur un tabouret du bar de la cuisine en posant mes paupières sur mes mains, et, pour me rassurer, je compte jusqu'à dix. Peine perdue. J'ai le coeur qui bat la chamade et le cerveau qui bourdonne, la sensation est de plus en plus horrible et je suis secouée de tremblements. Vais-je trouver encore une fois un mot sur le miroir? Et pourquoi je met Utau dans cette situation qui ne la regarde même pas? 


Je descend du tabouret et prend le premier outil de cuisine qui me tombe sous la main parce que je ne trouve rien, et mes mains empoignent une grande cuillère en bois. Je ne suis pas certaine que ça fera l'affaire, mais je préfère mourir de peur que de me retrouver dos au couloir pour parcourir un peu mieux les tiroirs. 
Comme pendant les dix minutes qui suivent rien ne se passe et que la sensation commence légèrement à diminuer, je décide de traverser le couloir une bonne fois pour toute. J'en ai assez de faire des tours sur moi-même, de paniquer pour le moindre petit bruit, la moindre fenêtre dont je ne me souviens pas avoir ouverte, alors j'espère que je vais vite trouver qui est derrière tout ça. 
Lorsque j'allume la lumière du couloir qui donne une vue d'ensemble sur celui-ci, je me calme un peu en constatant qu'il n'y a rien d'anormal, mais cela n'est qu'éphémère car d'un seul coup, quelqu'un se met à tambouriner à la porte d'entrée, mais quand je dis tambouriner, c'est limite si la personne qui frappe ne souhaite pas détruire la porte. Je suis à nouveau en panique totale, mais j'ai tout à gagner si je vais ouvrir. Soit c'est un des garçons, soit c'est mon harceleur et dans ce dernier cas, je découvrirais une bonne fois pour toute qui c'est. 


Je me dirige à pas de loup vers la porte d'entrée qui est juste à côté de celle du couloir et j'attrape tout doucement les clés. Les coups ont cessé, mais je vois deux petites ombres passer sous la porte, ce qui veut dire que quelqu'un est toujours là. Je tourne les clés dans la serrure pour ouvrir et je n'entend même plus les tic-tac réguliers de l'horloge tant mon coeur résonne. J'ouvre la porte d'un seul coup, m'attendant à toutes les possibilités, brandissant ma cuillère en bois. 


-: Yuki?.. Mais qu'est-ce que..


Chapitre 23: De plus en plus près.



 
Gingka me regarde avec de grands yeux, complètement étonné et probablement perdu. Il a le poing en l'air, comme s'il allait frapper à la porte.
Je suis tellement rassurée que j'en tombe à terre, sur le tapis d'entrée. 
Je ne l'avais pas remarqué, mais la sensation a totalement disparue, je me sens beaucoup mieux. La cuillère en bois roule sur le sol et si je n'étais pas dans cette situation, je rierai sûrement de la tête abassourdie de Gingka qui ne comprend pas pourquoi j'ai faillis le frapper avec un morceau de bois. 


Gingka: Va falloir m'expliquer là.. Tout va bien Yuki? 


Je m'apprête à hocher la tête quand j'entend des pas et une voix familière derrière moi.


- : Qu'est-ce que c'est que tout ce boucan? Gingka! On ne t'a pas apprit à respecter le sommeil des autres?


Utau a débarqué comme une fleur en chemise de nuit violette et en chaussons pandas. Je ne sais pas comment elle fait pour hurler à à peine 8h20 du matin. 


Gingka: Mais je viens d'...


Utau: Et en plus tu laisse la porte ouverte alors qu'il fait une chaleur à en crever dehors! Ferme toute suite. 


Gingka s'exécute et je passe de la peur extrême à rire de mon amie en pyjama pas du tout crédible qui s'énerve contre le pauvre arrivant qui n'a même pas eu le temps de passer la porte qu'il se fait déjà hurler dessus. 
Utau ramasse ma cuillère en bois et Gingka m'aide à me relever tant bien que mal, même si j'essaye d'éviter trop de contact. Il ouvre la bouche, sûrement pour répliquer, mais Utau le fusille du regard alors il se ravise. Elle rebranche le téléphone et semble enfin se calmer petit à petit, une fois que tout est en ordre. 


Moi: Désolée de t'avoir menacé avec la cuillère..


Gingka reprend ses esprits et sourit.


Gingka: Pas de soucis. C'est normal d'avoir peur avec tout ce qui t'arrive. 


Je lui sourit en retour, même si je suis un peu déçue au final de ne toujours pas savoir qui a écrit ce mot et s'est introduit chez moi. Cela signifie que ça va peut-être recommencer.


Gingka doit remarquer mon inquiétude car il me donne une tape dans le dos avant de m'annoncer:


Gingka: C'est moi qui m'occupe de toi aujourd'hui, t'as rien à craindre. 


Utau: On avait bien deviné.


Moi: C'est moi qui t'ai réveillé Utau? 


Elle secoue la tête.


Utau: Non non t'inquiète. C'est cet imbécile à frapper comme un dingue à la porte.


Gingka penche la tête, l'air perdu.


Gingka: Euh.. Je n'ai même pas eu le temps de frapper que Yuki avait ouvert la porte. 


Mon coeur rate un battement.


Moi: Tu veux dire que ce n'est pas toi qui a frappé comme une furie?


Utau retire les lèvres de son verre de jus d'orange. Quand à moi, mon coeur recommence à battre trop vite. 


Gingka: Mais non, je venais d'arriver...


Il a l'air tout aussi surprit et effrayé qu'Utau, tous les deux ont compris. 


Oui, ça va bientôt recommencer.
 
 
 

Tags : #Manga#beyblade - Love Youu. ♥ - #Chapitre 23 ♥ ~

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Comments :

  • Fan-FictionBeyblade

    31/07/2017

    Visiteur wrote: "Ca fait peur.... J'ai les larmes aux yeux.... Mais sinon, ca fait longtemps qu'elle a sorti sa toupie, non? Moi perso, mon premier réflexe est, de mettre ma toupie en position de combat.... "

    C'est pas vraiment dans sa nature, ses réflexes sont complètement différents de ceux de Gingka et de sa bande, elle n'accorde même pas vraiment d'importance au Beyblade :)

  • Visiteur

    29/07/2017

    Ca fait peur.... J'ai les larmes aux yeux.... Mais sinon, ca fait longtemps qu'elle a sorti sa toupie, non? Moi perso, mon premier réflexe est, de mettre ma toupie en position de combat....

  • Fan-FictionBeyblade

    17/05/2017

    jesuismoiiiiii wrote: "c pas mal comme chapitre, tu sais vraiment bien décrire les sensations de peur, du coup ça rentre bien dans l'histoire
    hate de lire la suite en tout cas
    "

    Merci beaucoup!

  • jesuismoiiiiii

    15/05/2017

    c pas mal comme chapitre, tu sais vraiment bien décrire les sensations de peur, du coup ça rentre bien dans l'histoire
    hate de lire la suite en tout cas

  • Fan-FictionBeyblade

    11/05/2017

    Oka-Ruto518 wrote: "Ton chapitre fais duré le suspense , j'ai vraiment hate de connaître la suite .
    "

    Merci beaucoup :)

  • Oka-Ruto518

    11/05/2017

    Ton chapitre fais duré le suspense , j'ai vraiment hate de connaître la suite .

  • steanne

    10/05/2017

    De rien c'est normal ;) et ça va, je ne suis pas morte d'une crise cardiaque ahah ^^

    (Je sais je l'ai déjà lu ☆ )

  • Fan-FictionBeyblade

    10/05/2017

    LucieDirection wrote: "Brrr ça fait peur! Sinon super chapitre, j'ai vraiment hâte d'avoir les réponses à toutes ces questions que je me pose!"

    Merci beaucoup! Haha pour bientôt ;)

  • LucieDirection

    10/05/2017

    Brrr ça fait peur! Sinon super chapitre, j'ai vraiment hâte d'avoir les réponses à toutes ces questions que je me pose!

  • Fan-FictionBeyblade

    10/05/2017

    steanne wrote: "Ambiance très angoissante... c'est super bien écrit un peu trop même! J'ai eu trop peur en lisant la fin du chapitre.
    Honnêtement, j'ai été assez étonnée que Gingka serait le premier mais bon je suppose que Kyoya arrivera vers les derniers vu la tournure que ça prend.
    J'ai vraiment beaucoup aimé ce chapitre! Les émotions sont super bien transcrites et la scène est assez facile à imaginer même si ça peut être un peu dur si on se met dans la peau du personnage en paniquant presque ;)
    Malgré ça, le style d'écriture reste très agréable à lire.

    (Vu les livres qu'elle lit, je dirais qu'on doit avoir des goûts communs elle et moi ☆)
    "

    Je suis ravie que tu te sois mis dedans et que l'ambiance, merci beaucoup!
    Je suis contente qu'il t'ai plû. Merci encore et j'spère que tu n'as pas trop eu peur non plus haha^^

    ( Si tu aimes ce genre de livre, "la rivière à l'envers" en est un exellent , je te le conseille!)

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